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THE STRAIN


Saison 1 : 13 épisodes

Durée : 42 minutes par épisode

Date de création : 2014

Créateur : Guillermo del Toro, Chuck Hogan

Pays : USA

Acteurs : Corey Stoll, David Bradley, Kevin Durand...

Pitch : Un avion atterrit, toutes lumières éteintes, à l’aéroport JFK de New York. À l’intérieur, l’épidémiologiste Ephraim Goodweather et son équipe, appelés en urgence, trouvent 206 corps et seulement 4 survivants. Alors qu’une cellule de crise est mise en place, les cadavres disparaissent subitement de la morgue, tout comme cette énorme caisse trouvée dans la soute de l’appareil. Rapidement, les survivants développent quant à eux d’étranges symptômes et la situation vire au cauchemar.


Note : 4-/6


Guillermo Del Toro est essentiellement connu pour ses œuvres cinématographiques initiées avec déjà un film traitant de vampirisme (le très bon Cronos en 1993), suivi bien plus tard du diurnambule Blade 2. Pourtant, le cinéaste mexicain s’est aussi essayé à la littérature en signant une trilogie (le 1er livre s’intitule The Strain) avec son complice Chuck Hogan. En l’adaptant, Del Toro s’immisce dans le monde des séries à l’image de Spielberg (Under the dome), Fincher (House of cards) ou Scorsese (Boardwalk Empire). La différence avec ses illustres aînés réalisateurs est peut-être que l’univers dépeint dans The Strain (La lignée en vf) constitue une réelle extension des films et des obsessions de l’auteur du Labyrinthe de Pan ou d’Hellboy.

 

Sur la ligne de front

Aux commandes du pilote de la série, Del Toro orchestre un 1er épisode comme un huis-clos avec l’arrivée d’un avion où tous les passagers semblent morts. Dans l’ambiance, on se croirait dans un bon vieux zomblard rital, d’autant plus que certaines victimes sont finalement toujours vivantes. Si l’atterrissage de l’avion pourrait être comparé à l’arrivée par bateau de Dracula dans un port anglais, la comparaison s’arrête là puisque le vampirisme est ici plutôt vu comme une maladie transmissible par le biais de petits vers minuscules (un peu comme dans X-Files). D’ailleurs, ce sont des épidémiologistes qui sont envoyés sur place pour contrecarrer l’avancée de la contagion. Très clairement, le début du show fait penser à une série scientifique (zones de décontamination, tenues pressurisées) et même médicale (des cadavres sont disséqués).


Vampire, vous avez dit vampire ?

Si les autorités ne comprennent pas très vite la portée des événements, le professeur Abraham Setrakian (David Bradley vu dans Harry Potter) sorte de cousin pas très éloigné de Van Helsing se chargera de porter la bonne parole et de faire comprendre au chef de la cellule de crise, le Docteur Ephraim Goodweather, joué par Corey Stoll (le candidat chauve et alcoolique de la 1er saison d’House of cards) que la menace est autant virale que vampirique. Les premiers épisodes révéleront en fait le plan machiavélique élaboré par une alliance de circonstance entre humains (un mécène malade cherchant la vie éternelle) et de non-morts (avec à leurs têtes Thomas Eichorst un vampire allemand ancien nazi) pour déclencher une apocalypse sanitaire et l’avènement d’un monde où les êtres aux canines pointues seraient majoritaires. Tout ça pour faire régner une sorte de Nosferatu encapuchonné de deux mètres, aux attaques redoutables et se déplaçant comme un fantôme.


Hellboy origins

Ce personnage antédiluvien est une sorte de vampire originel déjà combattu dans les siècles précédents. Les scénaristes profitent ainsi de flash-back récurrents pour expliquer les origines de Satrakian, prisonnier d’un camp nazi contrôlé par Eichorst et concepteur du tombeau qui servira de demeure à ce vampire voyageur. Quand la grande histoire sert de toile de fond à la petite, où les prisonniers juifs servent de repas à leur insu, et où on comprend la genèse du combat de Satrakian. Comme dans Hellboy, Del Toro utilise les événements de la 2nde guerre mondiale pour densifier son récit, à l’instar de ce qu’il avait fait avec Le labyrinthe de Pan, avec la période de la guerre civile espagnole. Un contexte historique qui a le mérite d’ancrer les événements fantastiques dans une réalité concrète.


The walking dead

De fait, les premiers épisodes patinent un peu pour la mise en place de ce plan entre ceux cherchant à comprendre (le docteur est en train de se séparer et se bat pour la garde de son fils) et ceux utilisés par les entités maléfiques (je pense notamment au personnage latino, petite frappe dont le business a peu d’intérêt au final). Il faudra attendre quelques épisodes pour que, sous la houlette de Setrakian et Goodweather, se constitue une petite troupe de combattants prêts à en découdre avec les créatures de la nuit. Avec comme acmé le très réussi épisode 8 intitulé « Les créatures de la nuit » où plusieurs personnages se retrouvent prisonniers et encerclés dans une station-service, à l’image des occupants du supermarché dans The Mist de Stephen King. Un épisode fondateur pour cette bande de survivants avec pêle-mêle une hackeuse, les collègues de Goodweather dont Nora Martinez (très proche du docteur) et Jim Kent (Sean Astin Le seigneur des anneaux, 24 heures). Une petite équipe avec comme bras armé un dératiseur hâbleur incarné par Kevin Durant (Noé, Captives) qui apporte sa carrure et son caractère primaire au groupe. Des survivants mis en lumière qui ne sont pas sans rappeler les protagonistes de Walking dead.


De lame et de sang

D’ailleurs, les transformations sont proches de celles de zombies. Au contact d’une simple goutte de sang, les malheureuses victimes se retrouvent vite dans un état proche de l’infecté belliqueux et désarticulé. Ce qui nous vaut de belles scènes dramatiques et poignantes, car même les enfants passent de vie à trépas dans le show. Ce qui entraîne des cas de conscience légitimes (on pense ici à 30 jours de nuits). Il faut dire que le sieur Del Toro ne lésine pas sur le sang et la violence. Comme dans ses films, les séquences gores parsèment la série entre têtes tranchées par Setrakian, grâce à sa canne-épée après avoir psalmodié, corps éviscérées et attaques de vampires en mal d’amour. Ces derniers possèdent d’ailleurs un design assez différent des créatures que l’on nous présente d’ordinaire et se rapprochent plus du bestiaire Del Torien comme dans Blade 2. Crânes rasés, peau diaphane, les vampires apparaissent comme de simples vagabonds, se terrant la journée tels des rats dans les égouts de la ville et errant dans les rues la nuit tombée.


Sang pour sang

Ce sont peut-être là les réelles limites de la série. En effet, comment expliquer que les autorités ne perçoivent pas l’urgence de la situation alors que le chaos s’empare de la nuit. Les habitants sont attaqués et tués en pleine rue au milieu de mouvements de foule et de panique. Pourtant, le lendemain, la vie semble reprendre trop facilement. Ce manque de réalisme nuit de fait au show. De la même manière, si les scénaristes ont tenté de caractériser les personnages (un peu trop d’ailleurs), il manque des personnalités emblématiques hormis Satrakian, Goodweather et le dératiseur. On a presque l’impression que ce qui intéresse vraiment Del Toro, c’est le fantastique, les monstres et les scènes d’action. Et, il faut bien reconnaître que le bougre est généreux en scènes de combats et en créatures, comme dans l’épisode où nos héros s’enfoncent dans les profondeurs de la ville à la recherche du Boss aux dents longues. Un épisode jouissif émaillé de batailles rangées parmi des dizaines d’assaillants, mais amené un peu n’importe comme, pour aller à l’essentiel alors que le début de la série prenait beaucoup plus son temps. Un peu à l’image de la fin de la saison, trop vite bâclée au regard de la situation et des forces en présence.



Au final, The Strain possède de réelles qualités visuelles au détriment d’un scénario un peu convenu et de personnages sans réelle envergure charismatique. En voulant ouvrir trop de portes (l’apparition d’une étrange troupe vampirique), le récit a du mal à se structurer totalement. Néanmoins, malgré ces défauts, la série reste agréable à suivre grâce à de bons effets spéciaux et des maquillages sanglants. Les confrontations spectaculaires avec les vampires et les transformations des humains en constituant le point d’orgue. Pour être une réussite complète, l’intrigue et les personnages auraient pu être un peu plus resserrés.


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Commentaires: 10
  • #1

    Rigs Mordo (mardi, 07 juillet 2015 19:57)

    Une série qui ne m'intéressait absolument pas avant de te lire, mais désormais je suis tenté... de tenter! Je ne dis pas que ça sera pour demain, mais c'est vrai que j'ai envie de me laisser mordre pour le coup... Toujours impec tes dossiers séries!

  • #2

    Roggy (mardi, 07 juillet 2015 20:22)

    Ce n'est pas la meilleure série vampirique à mon sens. Surtout, on peut être un peu déçu par les imperfections venant de Guillermo Del Toro. Malgré quelques scories, on reconnaît la patte du maître et ses envolées lyriques. Merci pour ton commentaire.

  • #3

    Dirty Max (mercredi, 08 juillet 2015 11:52)

    J'ai bien aimé le regard scientifique posé sur le vampirisme, décrit ici comme un virus, une maladie, ça donne à l'ensemble un petit côté "X-Files" comme tu dis. À cela, s'ajoute la touche horrifico-gothique de Del Toro et des scripts - à mon sens - plutôt solides. L'idée de faire cohabiter Histoire et fantastique fonctionne vraiment bien (les flashbacks donnent lieu à des séquences très fortes et tendues). En revanche, je trouve le look du super vampire un peu raté, sorte de Nosferatu élevé aux OGM... En tout cas, tes articles dédiés aux séries sont excellents !

  • #4

    Roggy (mercredi, 08 juillet 2015 14:02)

    C'est vrai que le vampire n'est pas très réussi en y repensant maintenant :) surtout si on le compare aux autres. Et, merci pour tes encouragements Max.

  • #5

    Moskau (jeudi, 09 juillet 2015 19:18)

    Y'avait du potentiel, mais dès que l'action doit s'emballer, c'est mou de chez mou. Et puis le vampire en chef est assez ridicule. D'autant plus dommage que toutes les autres créatures sont réussies. A part Kevin Durand, le casting est moyen. Pour moi, l'aventure s'arrête à la saison 1.

  • #6

    Roggy (jeudi, 09 juillet 2015 19:23)

    Je pense que je verrai la saison 2 pour voir si les personnages évoluent et si les quelques scories entrevues seront réglées par Del Toro.

  • #7

    2flicsamiami (dimanche, 12 juillet 2015 14:05)

    Pas vu, mais on m'en a beaucoup parlé, en bien. En tout cas, cette série semble être plutôt achevée esthétiquement parlant (la photographie, surtout).

  • #8

    Roggy (dimanche, 12 juillet 2015 18:19)

    C'est vrai que la photographie et le look des vampires (hormis le grand chef) sont de bonne qualité. En revanche, le déroulement de la saison et certains épisodes ne sont pas toujours au niveau à mon goût.

  • #9

    Avel (lundi, 27 juillet 2015 11:42)

    J'ai bien aimé cette première saison même si certains épisodes me semblaient un peu longs....
    Intéressant le fait d'avoir mis des "parasites" pour expliquer le vampirisme. Ca change ^^

  • #10

    Roggy (lundi, 27 juillet 2015 19:22)

    Comme tu le dis, l'approche du vampirisme est assez originale. Ensuite, son traitement est intéressant mais il y a, à mon sens, certains problèmes qui ne font pas de la série un must comme d'autres.