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THE WOMAN

 

GENRE : Femme sauvage

REALISATEUR : Lucky McKee

ANNEE : 2011

PAYS : USA

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Pollyanna McIntosh, Sean Bridgers, Angela Bettis...

 

 

RESUME : Quand un avocat capture et tente de "civiliser" une "femme sauvage", rescapée d’un clan violent qui a parcouru la côte nord-est des États-Unis pendant des décennies, il met la vie de sa famille en danger.

 

MON HUMBLE AVIS

The Woman n’est pas une bluette gnan-gnan aux relents misogynes. A l’inverse, c’est un film dur, âpre, sans compromis qui dézingue la famille américaine à la manière d’un John Waters mais sous acide...

Vraie-fausse suite du déjà éprouvant Offspring, le film de Lucky McKee (May, The Woods et le pas réussi All cheerleaders die) fait mal physiquement et psychologiquement. Sous prétexte de vouloir la "civiliser", le père de famille capture cette femme revenue à l’état sauvage comme un simple animal à éduquer. Dépourvue de son humanité, enchaînée au sous-sol, elle est traitée comme une bête (elle ne parle pas et meugle pour s’exprimer).

Finalement, le vrai sujet du film n’est pas la femme mais cette famille comme il en existe partout aux Etats-Unis. Le réalisateur utilise ce point de départ pour détruire le fameux "American Way of life" que cherche à nous vendre le circuit traditionnel des salles de cinéma. Ici, de manière assez simple et naturelle, le père est égocentrique, il ne fait rien à la maison, traite sa femme et ses enfants comme des esclaves et utilise ses pouvoirs patriarcaux ancestraux pour les exploiter. Entre inceste, violence physique et humiliation, la famille subit cet état de fait sans broncher, presque par atavisme. C’est pour cela qu’ils ne disent rien lorsque le père ramène la femme et l’enchaîne pour, soi-disant, la remettre dans le droit chemin.

The Woman est donc un film à l’accès difficile, sans concession. Le cinéma de Lucky McKee dénonce frontalement les agissements d’une certaine partie de la société qui, sous couvert de bon droit, maltraite les plus faibles en usant de procédés pour le coup très douloureux. La femme est frappée, violée comme si son apprentissage passait par ces humiliations. A noter, la performance de Pollyanna McIntosh dans son rôle très crédible de femme-sauvage.

Le film ne cherche aucune rédemption. Les scènes chocs sont présentes notamment à la fin lorsque la femme s’échappe de sa prison. A l’instar de la violence mentale présente tout au long du métrage, les coups qu’elle donne font particulièrement mal. Et le réalisateur ne se gène pas pour nous montrer le résultat de sa vengeance. Le fils, devenu aussi taré que son père, est littéralement coupé en deux, alors que les autres personnages sont tués à coups de dents lors de scènes très gores et hautement douloureuses. Au final, elle accomplit sa vengeance comme un animal, sans haine ni colère, mais plus pour sauver les deux filles de la maison, reprenant ainsi son instinct maternel, inhérent à tout être vivant.

The Woman, conspué dans les festivals dits "traditionnels" comme à Sundance, est un film coup de poing, empreint d’une radicalité crue, dont la violence n’est pas magnifiée, mais s’inscrit comme une évidence froide et malsaine.

 

NOTE : 4 / 6

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