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WHITE GOD

 

GENRE : Dressé pour se venger

REALISATEUR : Kornél Mundruczó

ANNEE : 2014

PAYS : Hongrie/Allemagne/Suède

BUDGET : 700 000 000 HUF

ACTEURS PRINCIPAUX : Zsofia Psotta, Sandor Zsoter, Lili Horvath...

 

RESUME : Lili, 13 ans, adore son chien Hagen, mais son père l’abandonne dans la rue. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen, livré à lui-même, découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens errants prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Leur vengeance sera sans pitié. Lili est la seule à pouvoir arrêter cette  guerre.

 

MON HUMBLE AVIS

Ce film original met au centre de l'histoire un chien et une petite fille, le titre du film renvoyant directement au White dog de Samuel Fuller (dressé pour tuer en VF). White god commence par une scène incroyable où Lili, seule sur son vélo, parcourt les rues désertées de sa ville comme si elle avait été vidée de ses habitants. On se croirait dans le début de 28 jours plus tard de Danny Boyle. Des plans magnifiques réhaussés par l'apparition majestueuse d'une horde de chiens dévalant les rues à la poursuite de Lili. Une 1ère scène très forte. La suite est en fait un long flashback pour nous expliquer comment ils en sont arrivés là. Les deux personnages du film sont donc Lily et son chien Hagen. Très proches, ils sont séparés et le chien, perdu dans la ville, va très vite se faire ballader de fourrières en différents maîtres qui chercheront à l'exploiter pour le faire combattre dans des combats clandestins.

La force du film est de mettre au même niveau les destins de Lily et d'Hagen. Ce dernier va subir les avanies des humains. Il sera battu, drogué, entraîné à devenir un guerrier contre sa volonté. D'un autre côté, nous suivons Lily, pré-adolescente qui vit mal la séparation de ses partents et adopte un comportement insolent vis-à-vis de son père et de son professeur de musique. C'est peut-être le point faible du film. Les passages concernant Lily (les relations avec son père, son escapade dans la fête...) sont très longs et, me semble-t-il n'apportent pas grand-chose au récit et, même plombent un peu le rythme du film sur la durée (2h au total).

En revanche, dès qu'Hagen apparaît, le film s'avère passionnant car le chien (en fait il y a 2 chiens-acteurs) est magistral dans son interprétation, à la fois câlin et attachant, il parvient à inspirer la peur et la cruauté à la fin du film. Le réalisateur va le considérer comme un personnage à part entière. Il nous montrera son parcours chaotique, comment il devient une arme, comme le destin d'un héros, un peu si j'osais, à l'instar d'un Conan.

White god pose aussi la question de l'existence des chiens errants dans de nombreuses zones urbaines (les plans d'éradication des chiens existent par exemple en Russie). Ce problème de la coextistence des humains et des animaux est exposée ici avec la maltraitance faite aux chiens dans les fourrières et leur utilisation à des fins mercantiles. Parce qu'Hagen est un esclave, asservi par les hommes et traité comme un marginal. On pourrait d'ailleurs voir ici une extrapolation de ce qu'il se passe dans les cités modernes avec l'exclusion des plus pauvres (les chiens sont des bâtards, des races non pures) au détriment des nantis.

Mais, le clou du spectacle vient dans la dernière demi-heure, quand Hagen, libéré de ses chaînes, se révolte contre les humains et décide de se venger de tous ceux qui lui ont fait du mal. Une espèce de Rape and vengeance canin, tourné comme un Abel Ferrara. Si, au départ, le film fait penser à un gentil Walt Disney (la rencontre avec le petit chien, les courses-poursuites avec les chasseurs de la fourrière) la dernière bobine se transforme en une série B des plus réjouissantes. Car, dans son sillage, Hagen, tel César dans La planète des singes, va draîner derrière lui des centaines de chiens errants, éperdus de liberté et de violence.

Il faut souligner ici la qualité de la mise en scène, notamment pour diriger la horde de chiens (apparemment tous vrais !) dans les rues de la ville. Une photographie magnifique, amplifiée par une musique classique magnifiant l'assaut des canidés. Le film devient alors une course-poursuite et une bataille frénétique avec la police au milieu des barricades. Une violence graphique très sanglante, comme dans un giallo, avec des passants agressés (on pense aussi aux Oiseaux d'Hitchcock) qui se cristallise lorsque Hagen revient tuer tous ses agresseurs un par un. On se croirait dans un film d'horreur, les gorges sont arrachées, les membres déchirés.

Jusqu’à un final qui conduit la meute vers l'opéra où joue Lily (une scène qui rappelle les meilleurs films de zombies) qui s'enfuira vers l'abattoir où travaille son père. Même si on sent venir le dénouement grâce à la petite fille, la dernière image de tous les chiens allongés devant Lily est inoubliable, à pleurer de beauté. White god est donc une réussite de par son propos, sa réalisation et le parti pris jusqu’au-boutiste du réalisateur.

 

Note :

Roggy : 5-/6
Marina : 5 /6

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Commentaires: 2
  • #1

    alice in oliver (jeudi, 09 octobre 2014 08:03)

    pas vu et connais pas mais le résumé du film me fait penser à Baxter

  • #2

    laseancearoggy (jeudi, 09 octobre 2014 18:57)

    Je te conseille ce film qui ressemble un peu à Baxter mais aussi à une production Disney, relevé sur la fin comme un bon vieux slasher giallesque !