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THE VOICES


GENRE : Jeanne d'arc

REALISATEUR : Marjane Satrapi

ANNEE : 2014

PAYS : USA/Allemagne

BUDGET : 9 300 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick...


RESUME : Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona - la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments..


MON HUMBLE AVIS

Récompensé dans tous les festivals où il a été projeté (L’Etrange festival, Gerardmer), The Voices est un film de commande auquel s’est rattaché Marjane Satrapi, l’auteur iconoclaste de Persepolis ou de Poulet aux prunes. Un choix qui peut paraître surprenant mais en même temps pas si éloigné de l’univers burlesque et fantasmagorique de ses précédentes œuvres. The Voices laisse pourtant un goût mitigé en bouche pour un film qu’on aurait aimé défendre du fait de son originalité et du parti pris adopté, à contre courant des formats habituels.

Le film n’est pas mauvais en soi (loin de là), il a même des atouts, mais le manque de rythme de l’ensemble plombe le côté déjanté et les ambitions de déconstruire le genre en bouturant plusieurs thématiques au récit. Pourtant, tous les ingrédients étaient présents. Une comédie horrifique et presque un drame social, servie par un casting à la hauteur. Avec en premier lieu Jerry alias Ryan Reynolds (qui montre ici toute l’étendue de son talent déjà entrevu dans Buried ou The captive, quand il ne tombe pas dans la facilité de productions telles que Green Lantern ou R.I.P.D), en serial-killer gentil à l’intelligence d’un enfant de 10 ans et capable de violence fulgurante. A ses côtés, on remarque la charnelle Gemma Arterton (Bizantium), Fiona sa collègue dont il est épris et Anna Kendrick (Twilight), une autre coturne qui cherche à se rapprocher de lui.

Les bonnes idées du film viennent de la combinaison entre l’humour généré par la schizophrénie de Jerry qui lui permet de communiquer avec ses animaux de compagnie. Bosco le chien, représente sa bonne conscience et l’incite à ne pas déraper tandis que M. Moustache le chat, véritable petit démon aux jurons faciles, lui intime régulièrement l’ordre de massacrer tout le monde. Une dichotomie très drôle et bien transposé à l’écran. Le ton décalé et enjoué bascule dans le drame œdipien lorsque Jerry arrête de prendre son traitement. La réalisatrice fait alors évoluer le personnage dans les différentes dimensions de son univers. Avec ses cachets, il vit dans un monde idyllique, rose bonbon, alors qu’en réalité, son appartement est un vrai foutoir sale, rempli de tupperwares alignés comme des boîtes à chaussures où il entrepose les restes des cadavres qu’il a découpés.

Si l’alternance entre le tragique et le comique est bien amené, le choix de ne pas montrer explicitement les exactions de Jerry (les meurtres et le sang sont hors champs) ne permet pas au film d’assumer pleinement son côté délirant jusqu’au bout. Il manque peut-être une folie graduelle à The Voices. A trop voir expliquer les origines enfantines de son dysfonctionnement à coups de flash-back, le film tombe dans les travers des productions cherchant à tout codifier, alors que justement l’esprit du métrage aurait dû jouer encore plus avec la folie du personnage.

Au final, The Voices m’a quelque peu déçu, même s’il n’est pas désagréable à suivre. Il m’a semblé un peu convenu dans son discours (le trauma de l’enfance), dans sa réalisation très sage ne déclenchant aucune tempête de démence visuelle, pour un projet resté un moment dans les limbes du "développement hell" hollywoodien. La mise en place du début est assez longuette et la dernière bobine, même si elle s’accélère, n’atteint jamais les sommets du comique et de l’outrance. Dans une interview, Marjane Satrapi affirmait qu’il n’y avait personne en France capable de réaliser ce scénario. Il me semble qu’un auteur comme Albert Dupontel aurait pu apporter toute sa dinguerie naturelle au projet comme dans son excellent 9 mois ferme.


NOTE: 3+/ 6


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Commentaires: 12
  • #1

    Rigs Mordo (mercredi, 08 avril 2015 20:07)

    Je tenterais bien pour Mr Moustache, après le reste ne m'attire pas outre mesure, même si la personnalité de la demoiselle est assez intéressante. Très bonne chronique en tout cas!

  • #2

    laseancearoggy (mercredi, 08 avril 2015 20:11)

    Je pense que tu pourrais trouver le film à ton goût si tu lui laisses sa chance à l'occasion. En plus, toi le spécialiste des chats, je suis certain que tu n'en pas un comme ce M. Moustache...

  • #3

    Tinalakiller (jeudi, 09 avril 2015 00:45)

    Pour ma part, malgré ses défauts (tu en soulignes certains très justement), j'ai plutôt aimé ce film. C'est vrai que Satrapi aurait pu aller plus loin dans le délire mais je l'ai trouvé tout de même différent de ce qu'on nous propose d'habitude. Je trouve qu'il y a un bon équilibre entre les deux genres (l'horreur et la comédie) et le film est plutôt bien documenté. J'ai également adoré le générique de fin !
    Enfin j'ai trouvé Ryan Reynolds épatant !

  • #4

    Alice In Oliver (jeudi, 09 avril 2015 10:02)

    Un thriller porté à bout de bras par un excellent Ryan Reynolds, mais le film reste bcp trop poli pour réellement susciter l'adhésion

  • #5

    laseancearoggy (jeudi, 09 avril 2015 11:36)

    A Tinalakiller,
    Il est vrai que le film est original comparativement aux productions actuelles (c'est pas forcément très dur :) ). Je suis quand même resté sur ma faim globalement. Je n'ai pas parlé du générique de fin parce qu'il ne m'a plus enthousiasmé que cela.

  • #6

    laseancearoggy (jeudi, 09 avril 2015 11:38)

    A Alice in Oliver,
    Comme toi, j'ai apprécié la performance de Ryan Reynolds mais l'ensemble m'a semblé aussi très gentil, surtout au vu des prix remportés dans les différents festivals.

  • #7

    2flicsamiami (jeudi, 09 avril 2015 15:40)

    Totalement d'accord. C'est bien fait et propre, mais finalement bien trop pour un film de ce genre. Pas assez fou, pas assez de suspens et de tension dramatique.

  • #8

    laseancearoggy (jeudi, 09 avril 2015 18:42)

    Tu as tout dit et c'est d'autant plus frustrant que le sujet était en or à mon sens.

  • #9

    Alice In Oliver (vendredi, 10 avril 2015 09:54)

    Satrapi n'est pas une réalisatrice attirée par l'horreur et le thriller, et cela se ressent hélas à l'écran. Vraiment dommage !

  • #10

    laseancearoggy (vendredi, 10 avril 2015 14:27)

    Son approche n'est effectivement pas très portée sur le genre, alors qu'il me semblait avoir lu qu'elle était fan de films d'horreur. Je me suis peut-être trompé et en tout cas, comme tu le dis, on en a la preuve en images.

  • #11

    Moskau (dimanche, 12 avril 2015 18:42)

    Un film très plaisant, mais qui se retient un peu. C'est vrai que ce genre de projet conviendrait à Dupontel, mais je ne sais pas si le résultat serait aussi bien.

  • #12

    laseancearoggy (dimanche, 12 avril 2015 19:23)

    Je ne sais pas quel aurait été le résultat mais je pense qu'il aurait plus été plus déjanté avec Dupontel, à mon avis.