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LE TERRITOIRE DES LOUPS (THE GREY)

  

 

GENRE : Chef d’œuvre

REALISATEUR : Joe Carnahan

ANNEE : 2012

PAYS : USA

BUDGET : 34 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Liam Neeson, Dallas Roberts, Frank Grillo, Delmot Mulroney...

 

RESUME : John Ottway travaille pour une compagnie pétrolière et protège les employés des forages contre les attaques des animaux sauvages. Lorsque le vol vers Anchorage qu’il prend avec ses collègues s’écrase dans l’immensité du Grand Nord, ils se retrouvent seuls avec eux-mêmes, au milieu des loups.

 

MON HUMBLE AVIS :

Pris en pleine tempête, un avion s’écrase en Alaska, région inhospitalière, battue par le froid et le vent. Les rescapés s’organisent pour survivre.

Sur un point de départ classique, le film de Joe Carnahan n’est pas qu’un simple survival. Dans la première partie du film, les survivants du crash se battent contre le froid et la voracité des loups. La seconde bobine se détache du film de genre pour se terminer en drame existentiel.

Formellement, le film est une réussite. Certaines scènes sont inscrites à jamais au panthéon du cinéma, comme le crash de l’avion où on a l’impression d’être parmi les passagers. Joe Carnahan (réalisateur inspiré de Narc et Mise à prix mais perdu dans l’Agence tout risque) prouve qu’il peut être de la trempe des meilleurs et distille certains plans iconiques (le souffle émanant de la gueule des loups hurlant dans la nuit, magique…), et des scènes d’une beauté intemporelle, notamment dans la 2ème partie du métrage (la scène où un des survivants s’assoit pour attendre sa destinée et ce long plan séquence, à pleurer…).

Emotionnellement, le réalisateur convoque les fantômes du 13ème guerrier pour la menace cachée et fait ouvertement référence à une séquence magnifique de Conan le Barbare. Plus le film avance et plus il se charge en émotion et en empathie pour les personnages. La performance de Liam Neeson est à la mesure du film, empreint d’humanisme et de douleur. D’ailleurs, son histoire personnelle le rattrape et donne une résonance particulière à sa prestation.

Au delà de la beauté des images et des paysages, le Territoire des loups (traduction ridicule de The Grey) n’est pas un film manichéen, la lutte entre l’homme et l’animal. Au fur et à mesure où les humains s’enfoncent dans cet enfer blanc, ils descendent dans les profondeurs de leur âme. Le loup n’est ici qu’un prétexte. Il sert à montrer à chaque homme sa propre vie comme si il se regardait dans un miroir avant l’heure de sa mort. L’issue est forcément irrémédiable et on pourrait même penser qu’ils sont déjà morts, traversant les enfers à la recherche d’une rédemption ultime. Ceci est renforcé par le côté fantasmagorique du métrage, par la taille démesurée des loups qui, incompréhensiblement, les attaquent avec une précision inéluctable. Les loups sont ici comme des cerbères chargés de faire passer les hommes de vie à trépas. Ils les obligent à s’interroger sur leur vie et à mettre leur âme à nue, les poussant dans leurs derniers retranchements.

Porté par une caméra au plus près des acteurs, le souffle de l’aventure et du drame parcourt tout le film. Mais, le plus émouvant et intense résident encore plus dans les scènes intimes de dialogue où les hommes se retrouvent entre eux et évoquent leur famille. Ils sont nus et vrais, sans pudeur, débarrassés des oripeaux de la superficialité. Au final, le combat n’en est que plus émouvant et déchirant.

Pour moi, ce film a été une expérience inoubliable. Pendant deux heures, les vents de l’épopée et de l’émotion ont balayé l’écran et m’ont emporté comme peu de films en sont capables...

 

NOTE : 6 / 6 

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Commentaires: 2
  • #1

    MaxLaMenace_89 (lundi, 05 mai 2014 16:20)

    Content de lire une chronique aussi enthousiaste ! Un véritable chef d'oeuvre pour moi également, la viscéralité du survival en parfait équilibre avec les personnages et leurs émotions. Comme tu le dis très justement la figure du loup n'est qu'un prétexte, j'ai envie de dire un prétexte fantastique, l'animal est ici présenté comme un monstre, répondant à tous les codes de sa démonstration, enfonçant l'idée que nous sommes dans un environnement surnaturel, un purgatoire, ou dans l'âme du personnage comme tu le soulignes. Et bon dieu quelle fin, mémorable !!!

  • #2

    laseancearoggy (lundi, 05 mai 2014 18:41)

    Je confirme tout ce que j'ai écrit. Pour moi, un moment pur de cinéma et d'émotion.