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LA STRATEGIE ENDER

 

GENRE : Full Metal Tablette

REALISATEUR : Gavin Hood

ANNEE : 2013

PAYS : USA

BUDGET : 110 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Harrison Ford, Asa Butterfield, Ben Kingsley...

 

RESUME : Dans un futur proche, une espèce extraterrestre hostile, les Doryphores, ont attaqué la Terre. Sans l’héroïsme de Mazer Rackham, le combat aurait été perdu. Depuis, le très respecté colonel Graff et les forces militaires terriennes entraînent les meilleurs jeunes esprits pour découvrir dans leurs rangs celui qui pourra contrer la prochaine attaque. Ender Wiggin, un garçon timide mais doté d’une exceptionnelle intelligence tactique, est sélectionné pour rejoindre l’élite.

 

MON HUMBLE AVIS

Adapté d’un roman de l’écrivain mormon Orson Scott Gard, ce projet a de nombreuses accointances avec Starship Troopers de Robert Heinlein, mis en scène par Paul Verhoven. En plus des créatures insectoïdes, les deux films se rapprochent par leurs côtés belliqueux et juvéniles. A la différence que la stratégie Ender montre très peu de combats, à l’inverse du film du hollandais violent, parangon d’actioner jouissif.

Alors que Starship Troopers dénonçait la course à la guerre par le biais de l’outrance et du pamphlet contestataire, la stratégie Ender véhicule dès le départ des relents guerriers (très américains ?) qui justifieraient la protection de l’espèce humaine par tous les moyens (cela nous renvoie aux débats qui ont animé les médias quand la série 24 utilisait la torture pour raisons d’Etat).

Passons sur le côté irréaliste d’une guerre en jeu vidéo cornaquée par des pré-ados ayant suivi une préparation militaire digne d’un commando d’élite (!?!). On se demande d’ailleurs bien pourquoi ils forment tant d’enfants au combat comme des petits soldats obéissants, au vu du niveau élevé de leur propre armement. C’est plutôt le message qui interpelle. Utiliser des enfants pour faire la guerre ne semble pas gêner plus que ça le colonel Graff (Harrison Ford en pilotage automatique). Surtout si les gamins sont pervers et prêts à tout pour arriver à leurs fins (des gosses quoi...). C’est pour cela que le jeune Ender (Asa Buttefield plutôt crédible) est choisi, au-delà de ses qualités pour diriger une armée au combat. Il sera un chef, dur au mal, que ses soldats suivront les yeux fermés, malgré son physique frêle.

Là encore, les enfants sont entraînés comme des adultes, subissent les réprimandes des gradés dans ce qui ressemble à une préparation à la Full Metal Jacket. Ender’s game, titre plus explicite et plus terrible au final, montre comment la guerre est devenue virtuelle, sans sueur, sans corps à corps, où le sang a disparu. Pourtant, en apparence, le film n’est pas totalement manichéen avec la présence de la psychologue qui tente de prévenir sa hiérarchie sur l’attitude de plus en plus violente d’Ender. Ce dernier se pose aussi des questions sur son humanité et sa capacité à devenir un va-t’en-guerre sans émotion. Mais, ces rébellions sont vite écartées car la guerre ne laisse pas la place aux sentiments, mais a des choix radicaux, comme le prouve la dernière scène qui symbolise la mainmise de l’armée sur la société. La fin du film en forme de rédemption tente de recoller les morceaux en donnant une connotation humaniste aux événements. Mais, cela semble trop tard pour cette humanité qui ne connaît que la destruction.

La stratégie Ender n’est pas déplaisant dans sa conception et dans son récit, laissant la part belle aux effets visuels. Volontairement ou pas, le film provoque une réflexion sur la justification de la guerre, par les moyens déployés pour anéantir toute une civilisation qui nous est inconnue. Le film prône aussi une morale qui renvoie à la perversité de l’être humain, au détriment de toute empathie, en valorisant la vengeance comme arme de destruction massive. Et, comment ne pas penser aux événements du 11 septembre, avec pour conséquence la guerre en Irak. A chacun de juger de la pertinence du propos.

 

NOTE : 4-/ 6

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Commentaires: 6
  • #1

    Mr Vladdy (jeudi, 24 avril 2014 00:09)

    Je garde un très bon souvenir de ce film. Je m'attendais vraiment au pire et au final ce fut une bonne surprise. Seul la fin me laisse un peu perplexe...

  • #2

    laseancearoggy (jeudi, 24 avril 2014 13:13)

    La fin n'est peut-être pas aboutie car il s'agit d'une trilogie à la base dans les bouquins. Si le film a marché, il y aura forcément des suites.

  • #3

    Avel (jeudi, 24 avril 2014 15:42)

    Beaucoup de choses sont prévisibles, mais il es sympa à regarder ^^ Les acteurs sont convaincants.

  • #4

    laseancearoggy (jeudi, 24 avril 2014 19:22)

    C'est vrai que le personnage de Ben Kingsley est un peu bizarre avec ses tatouages maoris et son côté Ghandi guerrier...

  • #5

    Mr Vladdy (dimanche, 27 avril 2014 01:22)

    J'ai bien conscience de ça, de la possibilité de suites (j'espère qu'ils nous feront pas le syndrome "A la croisée des mondes" ou "Jumper" arrêté en plein vol) mais la fin me laisse perplexe dans le sens où elle n'est pas à la hauteur du combat que l'on nous promettait. Difficile d'en dire plus sans spoiler mais c'est vrai que pour le coup, si je la trouve original, je la trouve aussi assez frustrante.

  • #6

    laseancearoggy (dimanche, 27 avril 2014 19:13)

    Je crois que le film a suffisamment marché pour qu'il y ait une suite. J'espère aussi qu'elle différente du premier et explorera d'autres voies.