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LA RESIDENCE

 

GENRE : Le pensionnat des perversions

REALISATEUR : Narciso Ibañez Serrador

ANNEE : 1969

PAYS : Espagne

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Lilli Palmer, Cristina Galbo, John Moulder-Brown...

 

RESUME : Madame Fourneau dirige d'une main de fer un internat pour jeunes filles. Très possessive avec Luis, son fils de 16 ans, elle lui interdit toute rencontre féminine jusqu'à ce qu'elle lui présente un jour l'épouse qu'elle aura choisie pour lui.

 

MON HUMBLE AVIS

Narciso Ibañez Serrador a été un auteur peu prolixe au cinéma (plus à la télévision) pourtant, on se souviendra de lui pour son mythique Les révoltés de l’an 2000, traduction française au style de série B pour Quien puede matar a un niño ? datant de 1976. Quelques années plus tôt, sa transgression se voyait sur l’écran avec l’exploration d’un pensionnat de jeunes filles aux mœurs que la morale réprouve (mais pas nous).

Sous l’égide de la sévère Mme Fourneau (Lilli Palmer), les donzelles doivent apprendre la discipline et, quand elles désobéissent, en subissent les conséquences à coups de fouet. Tout un programme. La Résidence est un film protéiforme qui embrasse plusieurs genres dans un seul et même écrin. Une ambiance d’humiliations et de perversions dans le lieu clos et feutrée d’un pensionnat pour jeunes filles de bonnes familles.

Serrador convoque ainsi le giallo lors de meurtres où la lame du couteau glisse sur le cou glabre et innocent des jeunes pensionnaires au son d’une musique douce. De même, ce huis-clos abrasif peut être comparé à une prison où les occupantes sont humiliées et fouettées dans un érotisme proche des films de bondages japonais, mais surtout du genre "femmes en prison". Voire même à de la "naziploitation" avec le personnage d’Irène (Mary Maude), une des élèves accoquinée avec la directrice, manipulatrice sadique ressemblant à un gardien de prison avec sa chemise martiale, et qui fait directement penser au personnage d’Ilsa, la tigresse.

Une perversion entretenue par la directrice elle-même qui semble plus qu’attirée par ses jeunes pensionnaires, mais aussi capable d’embrasser son fils adolescent avec un désir aux relents d’inceste. Serrador entretient ainsi le doute sur ce personnage notamment lors d’une scène de douches collectives (typiques des films de femmes en prison) où les jeunes filles gardent leur robe de nuit pour se laver, ce qui accentue encore plus l’érotisme de la situation, sous les yeux concupiscents de Madame Fourneau.

La Résidence est avant tout un film sur le désir. D’abord celui des jeunes filles, dont les envies charnelles sont assouvies périodiquement et par tirage au sort dans une remise par Henri, le commis livreur de bois. Ce qui nous vaut une très belle scène hors champs où les élèves toutes réunies, imaginent l’une des leurs pendant une étreinte enflammée s'accélérant progressivement sous les coups d’un montage resserré. Le désir également voyeur de Luis, le fils de la directrice qui observe les filles sous les douches et flirte avec elles par ailleurs.

Finalement, tous les personnages ont l’air d’être dans la frustration permanente, comme pervertis par leurs envies inassouvies et violentes. Un monde d’humiliation verbale mais aussi physique (le fouet est ici un instrument de plaisir), couplé à des rapprochements lesbiens, entretenu sous les ors suintants et lubriques d’une directrice engoncée dans son costume de matrone perverse. Une perversion qui tournera à la déviance dans une superbe dernière séquence nous renvoyant avec plaisir dans les profondeurs de l’horreur gothique italienne.

 

NOTE : 4+/ 6

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Commentaires: 7
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 24 octobre 2014 20:26)

    Malheureusement jamais vu mais tu m'as bien donné envie, il faudra que je répare cette sinistre erreur le plus rapidement possible! Merci donc !

  • #2

    laseancearoggy (vendredi, 24 octobre 2014 20:39)

    Je t'ordonne de le voir (comme Les révoltés de l'an 2000) et d'en faire une belle critique dont tu as le secret :)

  • #3

    Rigs Mordo (vendredi, 24 octobre 2014 20:57)

    Je verrai ce que je peux faire alors lol

  • #4

    Dirty Max 666 (dimanche, 26 octobre 2014 16:05)

    Excellent Roggy ! "La résidence" est peut-être bien mon film espagnol préféré. Visuellement, c'est aussi majestueux et élégant que du Fisher ou du Bava, et sur le fond, c'est franchement pervers et audacieux. On songe même parfois à "Suspiria" (avant l'heure). C'est dire à quel point il faut mater "La residencia", tout comme le traumatisant "Les révoltés de l'an 2000" du même réal (le trop rare Narciso Ibañez Serrador).

  • #5

    Jean-Pascal Mattei (dimanche, 26 octobre 2014 17:53)

    Un grand film politique, aussi, qui témoigne de l'Espagne d'alors...
    Pour une lecture en complément de la vôtre :
    http://lemiroirdesfantomes.blogspot.fr/2014/08/la-residence-la-mauvaise-education.html?view=magazine

  • #6

    laseancearoggy (dimanche, 26 octobre 2014 19:21)

    A Max,
    Merci Max pour ton commentaire. Je suis bien d'accord avec toi pour ce film et pour "Les révoltés de l'an 2000". Un cinéaste trop peu présent qui mérite d'être réévalué. Tu as aussi raison pour "Suspiria".

  • #7

    laseancearoggy (dimanche, 26 octobre 2014)

    A Jean-Pascal Mattei,
    Merci pour ta première visite chez moi. et je te rejoins sur le caractère politique de ce film.