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PREMONITIONS (SOLACE)

 

GENRE : Prévisible

REALISATEUR : Afonso Poyart

ANNEE : 2015

PAYS : USA

BUDGET : 30 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Anthony Hopkins, Jeffrey Dean Morgan, Abbie Cornish...

 

RESUME : Un tueur en série énigmatique sévit à Atlanta, laissant le FBI totalement désemparé. En désespoir de cause, ils se tournent vers le docteur John Clancy un médium retraité dont les visions les ont aidés dans le passé. En étudiant le dossier, Clancy devine rapidement la raison pour laquelle le FBI est incapable de coincer le tueur : ce dernier possède le même don divinatoire que lui.

 

MON HUMBLE AVIS

Tous les chemins mènent à Rome, pas dans les studios Cinecitta de la ville éternelle mais sur les routes balisées du thriller fantastique prévisible et prémâché comme il en sort des dizaines chaque année. Prémonitions (traduction prémonitoire) n’échappe pas à la règle du formatage et enfile les perles du conformisme avec une obstination presque fascinante.

Pourtant, le sujet du film servi par des acteurs de qualité laissait augurer d’un spectacle correct voire au-dessus de la moyenne. Loin de moi l’idée de laisser penser que le film est une purge. Il est plutôt efficace et sans temps mort mais cette quête de la perfection (la photographie et le scénario) ne font jamais dévier le film de son cahier des charges comme si les scénaristes et le réalisateur respectaient à la lettre le petit manuel du film réussi. A l’image des capacités médiumniques de John (Anthony Hopkins en mode regard dans le vide) capable de voir le passé ou le futur d’une personne juste en la touchant, le film est prévisible de la première à la dernière image parce qu’il se complaît à recycler les recettes des succès des thriller précédents.

Dès le départ, l’ambiance volontairement sombre et pluvieuse semble très artificielle à l’instar du lourdingue Délivre-nous du mal ou de la première apparition de Schwarzy en alcoolo dans La fin des temps. C’est comme ça, on n’y croit pas. Et la suite déroule son cortège de poncifs avec la découverte des scènes de crimes, l’arrivée des deux inspecteurs habituels (l’excellent Jeffrey Dean Morgan et la mimi Abbie Cornish) qui vont demander de l’aide à John. Et d’ailleurs, comment ne pas imaginer que ce brave John, devenu ermite car traumatisé par la mort de sa fille, ne participera pas à l’enquête malgré son refus initial ? Les voici donc lancés à la poursuite d’un serial killer prenant un malin plaisir à éliminer tous ceux qui sont condamnés par la maladie (tiens la fille de John avait aussi une maladie incurable...).

Je ne spoile rien car John devine très vite le pot aux roses en effleurant les différents cadavres et en se projetant dans le passé avec moults détails et scènes reconstituées à la clé. Des flashbacks similaires à la série Hannibal où Will possède le même pouvoir mais amené de façon plus subtile. En fait, plus le film avance et plus les incohérences se font jour à mesure où John déploie ses immenses talents surnaturels (il connaît les moindres détails du passé de la policière du FBI mais est incapable de trouver le nom ou l’adresse du tueur...). D’autant plus qu’il semblerait bien que ce dernier ait les mêmes compétences ! La seule bonne idée trahit par la tagline sur l’affiche du film.

Prémonitions fait clairement penser à une hybridation entre le séminal Seven et Le silence des agneaux, notamment dans son approche sombre et pour la prestation d’un Anthony Hannibal Lecter Hopkins semblant planer à 10 000 en participant à cette production à laquelle il ne croit pas (alors qu’il est producteur exécutif !). Il faut dire le scénario ne fait pas dans la demi-mesure dès qu’il s’agit de résoudre les énigmes et les traces laissées par le tueur grâce à de minutieuses mises en scène et d’indices relançant le suspens. Sans oublier ce brave Anthony devinant la plaque d’immatriculation d’un taxi, au milieu de dizaines identiques (soit), et l’apercevant de très loin grâce à un zoom de la caméra comme dans une pub pour un lunetier soutenu par la voix chevrotante d’un chanteur franco-belge (efficace).

Histoire de justifier son script, le film tente de se parer d’une réflexion sur le deuil et l’euthanasie sans jamais vouloir trancher et se contente d’appuyer sur la corde sensible du spectateur plutôt que d’apporter un réel point de vue. Cette partie-là est survolée et le scénario préfère privilégier l’action comme dans la dernière bobine confrontant notre serial killer, au visage connu mais apparaissant de manière flou (on arrive néanmoins à le reconnaître), à John. On a vu ça cent fois et l’affrontement final se vautre carrément dans le ridicule parce que John et le tueur anticipent les mouvements l’un de l’autre. Mais ce que le tueur n’avait pas prévu c’est que les scénaristes pouvaient trouver une parade illisible pour conclure le film en sur-découpant les images. J’ai rien compris mais merci à eux.

 

NOTE : 2/6

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Commentaires: 16
  • #1

    Plume / Dreampunk (vendredi, 26 février 2016 20:37)

    Cool, c'est exactement ce que j'imaginais en voyant la bande-annonce.
    Difficile de croire que le film n'est PAS une purge, vu l'accumulation de clichés (je veux dire, à ce stade là on est plus dans la série télé stype Médium qu'au cinéma, non ?), mais je veux bien croire que ça soit au moins techniquement efficace. Quoiqu'il en soit j'irai clairement jamais voir ce truc.

  • #2

    Roggy (vendredi, 26 février 2016 21:55)

    C'est tout à fait la série "Medium". Et encore, ça avait l'air moins "gros" que là. Si tu ne le vois pas, c'est vrai que tu ne loupes pas grand chose :)

  • #3

    Rigs Mordo (vendredi, 26 février 2016 22:24)

    Ayla l'a vu et son avis est comme le tien, elle a pas trouvé ça mémorable du tout (elle est un peu moins dure que toi mais elle est moins affutée aussi). Bon ben on va esquiver ça gentiment :) Belle chro mon frère!

  • #4

    Roggy (vendredi, 26 février 2016 23:48)

    Je vois bien qu'Ayla a du goût :) C'est que j'ai été un peu mais, crois-moi, le film méritait quand même sa volée de bois vert. Merci à toi l'ami pour ta lecture.

  • #5

    Alice In Oliver (samedi, 27 février 2016 12:35)

    Pas vu mais le scénario est en effet trop convenu pour susciter l'intérêt, en tout cas, le mien !

  • #6

    Roggy (samedi, 27 février 2016 12:43)

    Je dirai que c'est le traitement qui manque d'originalité et qui fait que le film est convenu. Pas grand-chose à sauver effectivement.

  • #7

    Avel (samedi, 27 février 2016 15:08)

    Coucou,
    Vu au cinéma. J'ai bien aimé, personnellement.
    Oh, il n'est pas exceptionnel, ça c'est clair, on peut mieux faire (pour faire simple : j'ai déjà vu mieux !^^) mais j'aime bien l'idée du tueur médium. Dommage que ça ne soit pas plus exploité (et aussi qu'on le sache déjà avant de voir le film grâce aux affiches et à la BA...=_=).
    Je regarde tellement PEU de films d'enquête / thriller que c'est peut-être aussi pour cela que j'ai bien aimé celui-ci. :)

  • #8

    Roggy (samedi, 27 février 2016 21:46)

    Je ne conteste pas l'efficacité du film mais les incohérences du film m'ont dérangées, et la fin n'est pas vraiment à la hauteur.

  • #9

    Moskau (dimanche, 28 février 2016 12:54)

    Comme tu le dis, le film fait penser en partie à Seven. Rien de plus normal, Solace a été conçu au tout début de son développement pour être la suite de Seven ! C'était pas une bonne idée...

  • #10

    2flicsamiami (mardi, 01 mars 2016 15:38)

    Il ne faut pas être devin pour juger, de prime abord, de la qualité de ce thriller préfabriqué. Les dix premières minutes - les seules que ma somnolence légendaire m'a autorisé à découvrir - m'ont suffit pour ne pas avoir envie de prolonger l’expérience.
    Sur le même sujet, mieux vaut suivre la Prescription Mortelle de Robin Cook.

  • #11

    ChonchonAelezig (lundi, 07 mars 2016 11:06)

    Flûte, il me tentait. Je vais peut-être éviter alors...

  • #12

    Roggy (mercredi, 09 mars 2016 10:55)

    A Moskau,
    Je ne connaissais pas l'anecdote mais effectivement le résultat ne fut pas à la hauteur :)

  • #13

    Roggy (mercredi, 09 mars 2016 10:57)

    A 2flicsamiami,
    Quand je commence un film, je vais généralement au bout même si je sens que ça ne sera pas excellent. Merci pour le tuyau du film de Robin Cook :)

  • #14

    Roggy (mercredi, 09 mars 2016 10:58)

    A ChonchonAelezig,
    Je comprends que le film soit attirant avec sa brochette d'acteurs et son sujet, mais le résultat n'est vraiment pas à la hauteur.

  • #15

    Sweet Judas (mardi, 05 juillet 2016 21:54)

    Mon Dieu, je l'ai vu au cinéma (je sais même plus pourquoi, la fatigue, certainement) et j'ai cru qu'il ne se terminerait jamais... Supplice ultime, ça tire en longueur sur des choses inutiles, ça n'explique pas les autres et puis, seriously, c'est quoi cette confrontation finale, franchement ?
    C'est mauvais, très mauvais (à l'image de la prestation des acteurs, finalement)(pourtant, Hopkins et Farell, ça laissait imaginer un truc un peu plus vendeur quand même)(mais non).

  • #16

    Roggy (mercredi, 06 juillet 2016 20:02)

    Le film avait un côté vendeur entre les acteurs et le sujet. Comme tu l'écris, le résultat est loin d'être à la hauteur. Et je plains celles et ceux qui l'ont vu en salles :)