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LA PLANETE DES SINGES : SUPREMATIE

 

GENRE : La grande évasion

REALISATEUR : Matt Reeves

ANNEE : 2017

PAYS : USA

BUDGET : 150 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn...

 

RESUME : Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

 

MON HUMBLE AVIS

Avec La planète des singes : Suprématie, Matt Reeves clôt une trilogie entamée en 2011 et sous-titrée Les Origines. Ayant repris les rênes en 2014 avec L’affrontement, le réalisateur de Cloverfield confirme sa capacité à mener à bien un blockbuster estival à 150 patates tout en y instillant un souffle épique et une réflexion sur notre humanité. Une des meilleures sagas de l’ère hollywoodienne contemporaine parvenant à garder un niveau d’exigence et de talent dont on n’osait soupçonner le résultat au regard de l’œuvre de Pierre Boulle et de ses adaptations cinématographiques au XXe siècle.

Car oui, pour une fois on peut dire que les progrès de la technologie ont magnifié un projet et l’ont fait accéder à une autre dimension, sans toutefois rejeter les films et les comédiens ayant revêtu les costumes des primates face à un Charlton Heston incrédule. Mais force est de constater que la motion capture des magiciens de Weta et le travail des comédiens apportent un réalisme rarement vu à l’écran pour des tournages en extérieur, en plein jour (forcément aussi sur fond vert) et privilégiant les gros plans sur des visages de plus en plus expressifs, se confondant avec ceux des humains. Des hommes qui n’ont pas lâché l’idée de détruire leurs rivaux simiesques comme le montre la scène d’ouverture d’attaque du camp retranché de César et ses congénères. Un assaut dantesque magnifiquement mis en image digne d’un grand film de guerre, une référence qui irisera tout le long-métrage. Pourtant, cette scène d’action n’est pas symbolique de Suprématie. Elle détonnerait même au sein d’un film plus introspectif qu’il n’y paraît.

Passé ce moment guerrier, Matt Reeves et son scénariste Mark Bomback s’immiscent, à l’instar du film précédent, au sein de la communauté toujours dirigée par un César partagé entre compassion et haine pour ses frères collaborant avec les humains à l’origine de la mort de sa femme et de son fils. L’homme est descendu dans les entrailles de la terre pour toucher le cœur du chef en lui prenant ce qu’il avait de plus précieux. Intérieurement détruit, César choisit le chemin de la vengeance au détriment des siens pour tuer le Colonel représentant une sorte d’ange maudit incitateur de violence. César n’a plus cette statue de commandeur, il a retrouvé ses instincts originaux (communs au Colonel d’ailleurs) en devenant une sorte de Koba, dont il se rapproche inexorablement. Le visage balafré de sa nemesis le tourmente régulièrement jusqu’aux portes de la folie. Avec ce troisième volet, son personnage s’épaissit, devenant à la fois un guide messianique pour sauver son peuple de la folie des humains et une boule de rancœur prêt à tout pour annihiler l’origine de son désespoir.

Dire que la performance d’Andy Serkis est extraordinaire est un euphémisme à l’image des autres acteurs s’imprégnant du costume de singes dont les sentiments sont de plus en plus prégnants à l’instar de leur intelligence ou de l’apprentissage du langage. On oublie les effets spéciaux en suivant ce commando en mission pour retrouver le Colonel MacCulloch au son d’une musique ample et réussie de Michael Giacchino. Dans cette quête de vengeance, César est accompagné de trois compagnons dont l’affable orang-outan Maurice (Karin Konoval). Sur leur chemin, ils rencontrent une petite fille muette Nova (Amiah Miller, Dans le noir) qu’ils adoptent par compassion. Elle représente à la fois la fin et le commencement d’une nouvelle humanité, point d’ancrage vacillant entre deux mondes. Ces cavaliers solitaires échappés d’un western vont aussi s’adjoindre un drôle de personnage du nom de Bad ape. Un singe un peu âgé et échappé d’un zoo vivant dans ses souvenirs, un monde presque enfantin. Un cousin de Gollum dans son attitude maladroite permettant de fournir au scénario des interludes comiques très réussis. Steve Zahn (Une virée en enfer) livre une performance tout en nuance créant une empathie et une originalité à ce « mauvais singe » comme il se surnomme, faisant de lui une sorte de mascotte bienveillante.

Dans sa deuxième partie, Suprématie fait place à deux sous-genres du film de guerre, le film de prison et d’évasion. Devenus esclaves des hommes, la communauté simiesque est enfermée dans un camp militaire où elle est obligée de travailler pour ses ennemis. Cette dernière heure plus sobre cristallise l’affrontement entre César et le Colonel interprété par un excellente Woody Harrelson (Zombieland) en émule du Colonel Kurtz d’Apocalypse now. On se croirait presque au Vietnam avec ce soldat au crane rasé à la folie destructrice dirigeant d’une main dictatoriale un camp de prisonniers. La confrontation verbale sera faite d’humiliation et de perversion comme dans les meilleurs films d’incarcération où le chef des rebelles est mis au pilori et pas que symboliquement. Un Spartacus poilu dont le seul objectif est de faire évader ses congénères grâce à ses alliés restés à l’écart. Cette altération de tonalité s’avère salutaire faisant la part belle aux scènes intimistes et convoque une émotion palpable en puisant au plus profond des âmes des personnages, avant un climax plus guerrier.

Dans ces paysages magnifiques et sur cette neige virginale, se trame en fait un changement radical de propriétaire, une maladie sourde commence à toucher les hommes tandis que les singes deviennent plus intelligents. C’est un peu le symbole de la fin du film où l’humanité se bat contre elle-même jusqu’à l’auto-destruction sous les yeux des futurs locataires d’un monde dévasté car incapable de vivre en harmonie. Une métaphore en ces temps guerriers comme une résonance à une actualité tragique, balayée en un instant par une avalanche rédemptrice. Avec La planète des singes : Suprématie, Matt Reeves s’affranchit des codes habituels des blockbusters pour réaliser un film de guerre aux accents westerniens sans une pléthore de scènes d’action pétaradante (celles présentes sont très lisibles) mais avec une émotion qui transcende l’écran au travers de personnages bien écrits, touchants et sans manichéisme hormis peut-être le Colonel avec un Woody en pleine forme.

 

5/6

 

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Commentaires : 4
  • #1

    Alice In Oliver (jeudi, 17 août 2017 12:27)

    Pas vu mais ça ne saurait tarder malgré une déception relative concernant le précédent chapitre. J'attends mieux de cette conclusion en apothéose

  • #2

    Roggy (jeudi, 17 août 2017 14:15)

    Il me semble que ce dernier opus est supérieur au précédent.

  • #3

    titi70 (samedi, 19 août 2017 16:14)

    Clairement, le meilleur film de l'été 2017. Conclusion en apothéose à une excellent trilogie avec un final aussi beau que triste et un Woody Harrelson incroyable de charisme. Franchement, je ne me souvient pas l'avoir déjà vu ainsi.

  • #4

    Roggy (samedi, 19 août 2017 17:38)

    Woody Harrelson est vraiment charismatique dans le film à l'image de l'ensemble des personnages dont la plupart des singes. C'est certainement le meilleur blockbuster de l'été (voire de l'année). Un triptyque qui aura marqué le cinéma.