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ONLY LOVERS LEFT ALIVE


GENRE : Vampires lovers

REALISATEUR : Jim Jarmush

ANNEE : 2014

PAYS : UK/Allemagne/France/Chypre

BUDGET : 7 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Tilda Swinton, Tom Hilddeston, John Hurt...


RESUME : Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?


MON HUMBLE AVIS

Jim Jarmush est un réalisateur à la carrière atypique et étrange. Filmant peu, on lui doit une œuvre éclectique nourrie par des influences (et des substances ?) diverses et variées comme le montrent des titres comme Dead man, Ghost dog, Broken Flowers ou The limits of control.Alors, est-ce si bizarre de le voir écrire et réaliser une histoire de vampires ? Pas vraiment, puisqu’il excelle quand il détaille la vie de personnages différents, de marginaux, même si le résultat n’est sans doute pas à la hauteur de ses précédents essais.

Certes, on retrouve bien le style éthéré de Jarmush, ses longs plans comme l’ouverture en plongée sur les deux vampires. Une photographie magnifique et stylisée qui a du mal à relever un scénario trop enclin à se regarder lui-même. Parce qu’ici l’aspect vampirique n’est qu’un prétexte, un contexte social servant à présenter deux êtres en marge de la société. Deux parias vivant chacun de leur côté entre Détroit et Tanger et obligés de se nourrir grâce à la complicité de quelques humains (appelés paradoxalement « zombies ») comme de simples drogués allant quémander leur dose quotidienne, à tel point que le réalisateur utilise très peu d’effets visuels.

Les deux vampires sont bien éloignés des suceurs de sang modernes qu’on nous présente habituellement. Frêles et maladifs, ils trimbalent maladroitement leur carcasse diaphane tout en discutant de musique, de littérature et de physique quantique. Des vampires au dandysme exacerbé qui confinent parfois au snobisme et à un élitisme qui peut éloigner le spectateur de leur sort. Dans le rôle d’Eve, Tilda Swinton (Snowpiercer) apporte son aura blanchâtre et son physique très particulier à son personnage de vampire amoureuse d’Adam (pas très subtil tout ça), un Tom Hilddeston (Thor) en mode grundge, sorte de Curt Cobain maudit passant son temps à composer de la musique et à disserter sur la forme et l’origine d’instruments de musique.

Quand il se fait lent et poétique, Only lovers left alive est une histoire d’amour entre deux êtres à la condition éternelle, mais quand il se fait plus prosaïque, les seuls enjeux du film renvoient à la quête de nourriture. Du coup, par moments, le film flotte un peu au gré des errances des personnages, malgré tout chamboulé par l’arrivée de l’horripilante sœur d’Eve, Ava (Mia Wasikowska vue dans Maps to the stars) dont les faits et gestes très prévisibles ne parviennent pas vraiment à dérider nos deux noctambules (ils craignent forcément le jour). Des seconds rôles qui n’amènent pas beaucoup plus de profondeur au film comme le personnage de John Hurt (Harry Potter), vieux vampire fatigué ayant rédigé les œuvres de Shakespeare.

Au final, Only lovers left alive laisse un goût étrange en bouche. A la fois esthète, voire arrogant dans certaines scènes, il peut se faire plus doux, et dégager une fragrance cotonneuse notamment sur la fin du film se passant à Tanger. Perdus dans les ruelles de la ville, les deux amants s’offrent à la ville au milieu d’un dédale poétique à l’image de la séquence de la chanteuse dans le bar. Dommage, que tout le métrage n’ait pas eu les mêmes contours aériens, la même ambiance décalée au détriment de passages trop bavards car, visuellement, Jim Jarmush montre qu’il est un sacré réalisateur.


Note : 3/ 6

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Commentaires: 10
  • #1

    Rigs Mordo (lundi, 16 mars 2015 20:32)

    Ca semble un peu chiant mais j'ai bien aimé Broken Flowers, même si c'était principalement grâce à Bill Murray... Dans le genre vampirisme romantique un peu arty, je pense en rester à Byzantium, je ne suis pas assez souvent dans le bon état d'esprit pour un film de ce genre je pense, même si ça m'arrive...

  • #2

    laseancearoggy (lundi, 16 mars 2015 20:55)

    Dans le style film de vampire, "Bizantium" est bien au-dessus que ce film de Jarmush très atmosphérique. Je te confirme aussi qu'il faut quand même être bien luné pour le voir (dépressifs s'abstenir :) ).

  • #3

    Tinalakiller (lundi, 16 mars 2015 21:59)

    Raaah quel mauvais souvenir ce film, qu'est-ce que je me suis fait chier ! Le film est évidemment soigné esthétiquement mais franchement c'est quand même creux et même prétentieux (pourtant j'ai rien contre Jarmusch). Il ne se passe rien, on a l'impression de voir un clip interminable avec des dialogues juste débiles et peu subtils et des personnages inintéressants et avachis toute la journée. Puis le délire avec Christopher Marlowe m'a fatiguée (et puis sa mort, mon dieu, on touche le fond) !

  • #4

    laseancearoggy (lundi, 16 mars 2015 22:04)

    Bon, ben je crois que tu as tout dit :) Je comprends ton ressentiment et c'est vrai que par moments, le film est irritant. Pour ma part, comme tu le vois ici, j'ai réussi à ressortir des éléments positifs du film.

  • #5

    Tinalakiller (mardi, 17 mars 2015 10:27)

    Après je comprends qu'on puisse adhérer, je pense qu'on peut être sensible au type d'atmosphère dégagé, même si je n'y suis pourtant pas du tout sensible.

  • #6

    laseancearoggy (mardi, 17 mars 2015 13:54)

    J'imagine que ça a fonctionné à ce moment-là pour moi. Il est possible que je sois passé à côté si j'avais été dans un état d'esprit différent.

  • #7

    Princécranoir (samedi, 21 mars 2015 07:52)

    Je me change sans plus tarder en chauve-souris pour voler au secours des vampires de Jim Jarmusch. Incontestablement un coup de cœur de l'an dernier, "only lovers left alive" (un des plus beaux titres qu'on ait vu récemment) scintille dans la nuit du genre telle cette étoile de diamant qui diffuse une musique étrange dans les profondeurs du cosmos. Je crois que pour entrer en vibration avec ce film, il faut s'aligner sur la même fréquence (c'est un peu pareil pour "limits of control", je ne sais pas si tu l'as vu). Alors, tous les points négatifs deviennent des forces : ce qui apparaissait chiant devient fascinant, le regard artistique méprisant de ces êtres venus du passé se change en une complainte mélancolique sur l'éternité, et Mia Wasikowska (je l'adore de plus en plus) éclaire de son peps la tristesse des amants de la nuit. Quant à John Hurt, réduire son immense et prestigieuse carrière à son rôle dans Harry Potter, tout de même...

  • #8

    laseancearoggy (samedi, 21 mars 2015 08:59)

    Je n'ai pas vu "Limits of control" mais ta façon si enflammée de défendre le film me donne vraiment envie de me plonger dans le trip. Je suis bien conscient que les films de Jarmush ne sont pas tous abordables et qu'il faut se laisser porter pour être dans le bon état d'esprit. Si on est en phase, j'imagine que le voyage doit être passionnant. Pour John Hurt, j'avoue avoir fait express parce que j'ai trouvé son rôle assez indigent.

  • #9

    Princécranoir (samedi, 21 mars 2015)

    Gaffe tout de même pour "limits of control", mieux vaut l'aborder avec un maximum d'ouverture d'esprit. Pour revenir à cette affaire de vampires, je ne peux que regretter nos divergences sur un film dont j'avoue être complètement mordu (tiens, voilà que l'envie me reprend de m'y sustenter encore). :-)

  • #10

    laseancearoggy (samedi, 21 mars 2015 09:23)

    Attention, je n'ai pas détesté le film et si tu as pu trouver ton pied avec ce film de vampires, j'en suis fort aise :) Je sais bien que pour le cinéma de Jarmush, il faut que les chakras soient ouverts !