708 chroniques de films

  30 chroniques de série

Ma pin-up du mois

Devine qui vient dîner le 31 ?
Devine qui vient dîner le 31 ?
PIFFF 2018
PIFFF 2018
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

 

L’ODYSSEE DE PI (LIFE OF PI)

 

GENRE : Tigre et lardon

REALISATEUR : Ang Lee

ANNEE : 2012

PAYS : USA

BUDGET : 100 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Irrfan Khan, Suraj Sharma, Tabu...

 

RESUME : Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d'un canot de sauvetage. Seul, ou presque... Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable.

 

MON HUMBLE AVIS

Ang lee est le réalisateur protée par excellence, capable de passer d’un film comme Garçon d’honneur à Raison et sentiments pour se balader du côté de Tigre et dragon, d’enchaîner avec un film de super-héros, Hulk jusqu’à un western gay Le secret de Brokeback Mountain. C’est donc tout naturellement qu’on le retrouve à la tête de cette Odyssée de Pi, véritable voyage homérique sur une mer déchaînée.

Le début n’est pas le meilleur moment du film, trop didactique, mielleux à l’esthétique très Amélie Poulain (d’ailleurs Jean-Pierre Jeunet a failli le réaliser !) qui sert de prétexte pour présenter le personnage de Piscine Molitor Patel (tiens elle vient de réouvrir...) entre découverte des religions (Pi est à la fois chrétien, musulman et bouddhiste) et symbolisme mystique un peu lourdingue. L’histoire est racontée par Pi lui-même qui, adulte, se confie à un journaliste et brode une histoire à la fois poétique et surréaliste. Le métrage fait penser au travail notamment visuel de Tarsem Singh l’auteur du superbe The Fall où un homme racontait une histoire fabuleuse à une fillette malade.

Il faut attendre le naufrage du navire pour qu’enfin le film prenne son rythme de croisière et se transforme en huis-clos entre un adolescent et un tigre (il y a même au départ une hyène, un orang-outan et un zèbre sur la barque !). La preuve que L’odyssée de Pi est un conte moderne qui s’affranchit des contingences réelles. Quasiment tout le film se déroule donc à bord de cette embarcation où sont obligés de cohabiter Pi et un tigre du Bengale dénommé Richard Parker (le frère à Peter).

Au fur à mesure de cette odyssée, Pi découvre la solitude mais surtout apprend à se connaître lui-même par une sorte d’introspection qui l’interroge sur son humanité (tuer pour manger et donc pour vivre) et se rapproche ainsi de l’essence même de son compagnon d’infortune dont la finalité est la survie.

La plus grande qualité du film est sa beauté plastique. Chaque plan ressemble à un tableau où les paysages sont magnifiés par des angles de caméra particulièrement bien choisis (pour une fois, la 3D devait apporter un relief fantastique à l’ensemble). Les effets spéciaux numériques sont foisonnants et extraordinaires pour retranscrire les décors et les animaux (le tigre est réalisé totalement en CGI). Certaines séquences confèrent à la magie pendant que les deux êtres, seuls au milieu de l’immensité abyssale de la nuit, là ou se confondent l’eau et les étoiles, se retrouvent perdus entre rêve et réalité, du fait aussi du manque de nourriture. Il y a notamment un plan séquence très beau où les couleurs et les formes fusionnent jusqu’à l’infini (elle rappelle la scène du Blueberry de Jan Kounen).

L’Odyssée de Pi est un film où la religion a une part importante. Tout semble tourné autour, jusqu’à la nourriture avec La scène du cuisinier (Gérard Depardieu aura vraiment mangé à tous les râteliers) qui refuse de servir un plat végétarien sur le bateau. On comprend bien aussi que Pi, seul au monde sur sa coque de noix, véritable arche de Noé, se retourne vers Dieu, surtout lors de fortes tempêtes qu’il extrapole en communication divine. L'aurait-il abandonné ? Comment ne pas tomber dans le mysticisme, renforcé par la faim et l'incongruité de la situation.

Au final, force est de constater que ce film est prenant grâce à la magie des effets visuels, à l’empathie née de la rencontre improbable entre un garçon et un tigre, et par la mise en scène d’un Ang Lee inspiré qui parvient à extraire la substantifique moelle de l’émotion des images projetées. On comprend à l’ultime bobine que cette aventure n’est qu’une métaphore pour exprimer un drame innommable. Peu importe, car même si elle est peu crédible, l’irréel transcende le réel.

 

NOTE : 5 / 6

Écrire commentaire

Commentaires: 13
  • #1

    Avel (samedi, 31 mai 2014 07:55)

    Une amie m'a prêté le dvd mais je ne l'ai pas encore vu ! :) j'ai juste un peu peur que le film démarre lentement. Pourtant j'ai lu que des bonnes critiques (et ton avis ne fait que confirmer ce que j'ai lu^^), mais j'ai du mal à me lancer XD

  • #2

    laseancearoggy (samedi, 31 mai 2014 10:00)

    Certes, le début est peut-être un peu lent, mais la suite vaut quand même le coup, notamment pour sa beauté visuelle. Allez lance-toi, tu ne risques pas grand-chose :)

  • #3

    Mr Vladdy (dimanche, 01 juin 2014 00:50)

    C'est pas mauvais mais j'avoue ne pas avoir été transporté autant que la critique. J'ai passé un bon moment mais je suis vite passé à autre chose ensuite et ça m'as fait la même chose lorsque j'ai du le revoir ;-)

  • #4

    laseancearoggy (dimanche, 01 juin 2014)

    Je ne l'ai pas vu en 3D, mais j'avoue avoir été transporté par le film à mon corps défendant :)

  • #5

    2flicsamiami (dimanche, 01 juin 2014 13:40)

    Je te suis à 100%. Malgré un début un peu poussif, le film se révèle très vitre être un petit bijou d'intelligence.

  • #6

    laseancearoggy (dimanche, 01 juin 2014 18:19)

    Effectivement, je me suis laissé prendre alors que je sentais un peu l'arnaque. J'ai presque regretté de ne pas l'avoir vu en 3D.

  • #7

    tinalakiller (mardi, 03 juin 2014 23:38)

    J'adore ce film, que je trouve meilleur que le livre, même si après l'avoir relu il y a deux mois pour mon travail universitaire, le bouquin est finalement excellent. Pour le début, je comprends ce que tu veux dire, mais ces éléments me paraissent nécessaires pour mieux cerner la personnalité de Pi et surtout pour évoquer comme, tu le dis, l'innommable. Le film est très divertissant et très profond.

  • #8

    laseancearoggy (mardi, 03 juin 2014 23:47)

    Je n'ai pas lu le livre et je comprends aussi ton analyse sur la spiritualité du personnage et de son parcours de vie.

  • #9

    catbichon@orange.fr (vendredi, 13 juin 2014 11:57)

    J'avais un peu peur de ce film, ça ne me disait trop rien. Je me disais que ça allait être bien chiant cette histoire... Et puis j'ai ADORE ! C'est beau, c'est original et c'est philo !

  • #10

    ChonchonAelezig (vendredi, 13 juin 2014 11:58)

    J'sais pas pourquoi c'est mon adresse email qu'est ressortie là-haut... J'ai dû me gourailler de clic.

  • #11

    laseancearoggy (vendredi, 13 juin 2014 18:38)

    Je me disais aussi :) Comme toi, je me suis laissé prendre au jeu et à la beauté des images.

  • #12

    jomamaal (dimanche, 29 juin 2014 22:24)

    Une beauté visuelle : certaines scènes sont d'une poésie incroyable, notamment avec la baleine...à voir sur grand écran

  • #13

    laseancearoggy (lundi, 30 juin 2014 20:29)

    Pas vu en salle et finalement c'est un regret...