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LA NUIT A DEVORE LE MONDE

 

GENRE : Seul au monde

REALISATEUR : Dominique Rocher

ANNEE : 2017

PAYS : France

BUDGET : 2 500 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX : Anders Danielsen Lie, Denis Lavant, Golshifteh Farahani...

 

RESUME : En se réveillant ce matin dans cet appartement où la veille encore la fête battait son plein Sam doit se rendre à l’évidence : il est tout seul et des morts vivants ont envahi les rues de Paris. Terrorisé, il va devoir se protéger et s'organiser pour continuer à vivre. Mais Sam est-il vraiment le seul survivant ?

 

MON HUMBLE AVIS

Pour son premier film, Dominique Rocher adapte un roman de Martin Page, sorti en 2012 sous le pseudonyme de Pit Agarmen. Le réalisateur en fait un film de zombies intimiste situé en plein Paris où nos chères têtes décharnées ont pris possession de la ville en une nuit. Ce n'est pas la première fois que la Capitale est le théâtre d'une telle attaque, on se souvient du court-métrage Paris by Night of the Living Dead de Grégory Morin ou La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher en 2009. Au moins, avec tout ce boxon en ville, les voies sur berge sont enfin libres pour les piétons...

Si le film traîne sa carcasse dans les pas du zombie movie, La nuit a dévoré le monde (titre magnifique) n'est pas une relecture du classique de George Romero mais privilégie les conséquences de la transformation de la population en bouffeurs de chair humaine. C'est le sort de Sam (Anders Danielsen Lie, Oslo, 31 août) qui se réveille après le chaos et doit apprendre à survivre seul parmi des êtres passés de l'autre côté de la vie mais bien décidés à boulotter le premier venu. A l'image d'une famille tentant de s'enfuir de l'immeuble d'en face le lendemain matin. Très vite, Sam se retrouve livré à lui-même, coincé dans un immeuble où chaque étage recèle son lot de surprises et de créatures bien véners.

Tourné sur 40 jours avec un budget de 2,5 millions d'euros, La nuit a dévoré le monde n'est pas à proprement parlé une série B remplie de zomblards affrontant des survivants. Le film s’apparente plus à une réflexion sur la solitude d'un homme obligé d'organiser sa vie reclus dans un immeuble Haussmannien avec tout autour de lui des morts-vivants prêts à le dévorer. Abandonné sur son caillou, ce Robinson Crusoë des temps modernes recrée un semblant de vie, rythmée par la recherche de nourriture, d'eau et le nettoyage de chaque étage où les appartements possèdent encore quelques résidents malintentionnés. Un quotidien un tantinet monotone dans lequel Sam commence à perdre la raison à l’instar de son corps qui se rabougrit.

Soyons franc, on n'est pas dans 28 jours plus tard, même si les zombies sont très rapides, les péripéties ne s'enchaînent pas à vitesse grand V. Sur le concept, La nuit a dévoré le monde rappelle REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza et l'excellent film allemand Rammbock de Marvin Kren. Les scénaristes prennent ici le temps d'installer une atmosphère de fin du monde avec un jeune homme perdu sur son île, seul havre de paix à l’horizon. Il y trouve même son Vendredi en la personne d'un sorte de Bub le zombie coincé dans l'ascenseur qu'il affuble du nom d'Alfred (le toujours brillant Denis Lavant, Holy motors). Un compagnon d'infortune le raccrochant paradoxalement à une humanité désormais disparue.

Certes, le long-métrage ne cherche pas à se donner un genre ou à copier ses aînés mais on aurait aimé qu'il développe d'autres enjeux au sein de ce scénario engoncé dans un immeuble et limité par son budget. La bonne idée du film est de jouer sur les sons (chaque bruit devient suspect) et la musique. Sam est un musicien et reprend des couleurs en écoutant de la musique. Il improvise même une salle de concert avec les objets qui l'entourent ou joue de la batterie pour se défouler jusqu'à convoquer une horde d'infectés s’amoncelant en bas de son immeuble dans une des meilleures séquences du film. A ce titre, il faut souligner la beauté des effets visuels, du maquillage des zombies et leurs attitudes tout à fait crédibles, ainsi que les décors des rues dévastées. Sans être un film d'horreur au sens strict, quelques plans gores et des têtes explosées agrémentent l'écran et se justifient au regard d'une histoire se relançant dans la dernière bobine avec l'arrivée d'un nouveau personnage.

La nuit a dévoré le monde est donc un petit film sans prétention qui ne joue pas avec les jumpscare mais se concentre sur la survie d'un homme entre folie et hallucination auditive. Dominique Rocher fait montre d'une belle mise en scène avec des séquences très réussies, contrebalancées par des enjeux limités en terme d'action et certaines incohérences comme le fait qu'aucun corps décomposé ne jonche l'appartement ou les rues et que la situation aboutisse si rapidement au chaos sans que les autorités ne s’en mêlent. Des scories qui ne sont pas rédhibitoires et il faut saluer cette tentative de film de zombies atypique dans l'océan de médiocrité du cinéma français. On souhaite surtout à Dominique Rocher de poursuivre sur sa lancée et d'avoir un destin à la Jim Mickle avec son très bon premier film Mullbery street qui traitait du même sujet à New-York.

 

3,5/6

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Alice In Oliver (jeudi, 15 mars 2018 11:50)

    C'est vrai que ça fait vraiment penser à Mulberry Street. Pas honteux mais de transcendant à priori

  • #2

    Avel (jeudi, 15 mars 2018 17:15)

    Pas entendu parler....joli titre, comme tu le soulignes.
    Je le note, il m'intéresse.
    Bel article. :)

  • #3

    Roggy (jeudi, 15 mars 2018 18:26)

    A Alice in Oliver,
    Le film reste agréable mais, en bon amateur de fantastique, j'aurai préféré que ce pan-là soit plus développé.

  • #4

    Roggy (jeudi, 15 mars 2018 18:27)

    A Avel,
    Merci pour ton commentaire. J'aime beaucoup le titre en effet !