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THE LODGERS

 

GENRE : Le locataire

REALISATEUR : Brian O’Malley

ANNEE : 2017

PAYS : Irlande

BUDGET: ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Charlotte Vega, Bill Milner, Eugene Simon...

 

RESUME : Un frère et sa sœur sont liés par un terrible secret qui les contraint à ne jamais quitter la maison que leurs parents décédés leur ont laissée en héritage. Un jeune homme va bientôt faire voler cette situation en éclats.

 

MON HUMBLE AVIS

Pour célébrer Halloween, La séance à Roggy (votre serviteur donc) ne s’est enfoncée une citrouille dans le fion (je laisse ce plaisir au sieur Rigs Mordo) mais s’est faufilée dans les arcanes d’un château irlandais afin de regarder sous les jupes des ectoplasmes. Après Let us prey (2014), Brian O’Malley revient avec ce deuxième long-métrage autour de l’histoire ambiguë d’un frère et d’une sœur reclus dans une vieille demeure recelant dans ses entrailles un secret fantomatique. Un coin parfait pour s’adonner aux joies de l’amour physique avec les cucurbitacées, tradition belge bien moins connue que les gaufres…

Ancré dans une Irlande bucolique et campagnarde, le film s’offre un écrin gothique en installant sa trame dans une demeure bourgeoise (apparemment vraiment hantée), perdue au milieu d’une nature luxuriante mais proche d’un village d’irréductibles non gaulois. Bref, des Irlandais pur jus au début du XXe siècle dont certains membres de la communauté ne voient pas d’un bon œil le retour de Sean (Eugene Simon, Ben-Hur), perçu comme un traître pour avoir fait la guerre auprès des Anglais. Pourtant, ces séquences conflictuelles n’apportent pas grand-chose à l’intrigue, si ce n’est une histoire naissante avec Rachel (Charlotte Vega). Cette dernière est le point d’ancrage du récit faisant le lien entre le village et son frère Edward (Bill Milner, Dunkerque) incapable de sortir de chez lui depuis la mort de leurs parents.

Le script ne cache pas très longtemps la malédiction qui plane autour de la phratrie. Ne pas se coucher après minuit et ne jamais se séparer en sont les deux mamelles les plus importantes d’une tradition marquée au fer rouge dans l’existence de ces deux orphelins de presque 20 ans. Si The Lodgers traîne par moments, renforcé par une photographie assez terne, il est parsemé de moments oniriques (l’apparition des parents nus au-dessus d’un lac) et d’une ambiance obscure en diable, incarnée par cette bâtisse aux forts relents hammeriens. D’autant plus que chaque nuit, de sombres créatures arpentent les couloirs, sortis d’une trappe placée en plein centre de l’entrée. L’eau envahit alors la pièce progressivement, des gouttes inondent le plafond assurant un effet saisissant.

Malgré une mise en place un peu longuette, des sous-intrigues pas vraiment exploitées (le contexte politique, l'usurier David The Strain Bradley intéressé par Sarah mais sous-exploité), The Lodgers possède une atmosphère sinistre cachant un drame familial ancestral et une tension sexuelle perceptible. D’abord avec Sean et Rachel, mais également incestueuse entre cette dernière et son frère, comme si leur union allait dans le sens de leur histoire, à savoir ne jamais se séparer. Le long-métrage évolue entre conte de fées (l’héroïne ressemble au petit chaperon rouge dans les bois avec sa capuche mais également les règles à respecter), film gothique avec comme référence Crimson peak de Guillermo Del Toro (le manoir avec son immense escalier, la malédiction) et le récent Le secret des Marrowbone pour l’ambiance ghost movie très prégnante avec portes qui claquent et bruits sourds en provenance des murs de la maison.

Dans la dernière bobine, le film s’emballe un peu et convoque, au-delà des fantômes vivant dans le sous-sol, une certaine poésie quand le brave Sean, malgré sa jambe coupée depuis la guerre, court auprès de sa belle pour la sauver de la maison qui l’a littéralement avalée. Plongeant dans les tréfonds humides des lieux, la caméra s’immisce dans le monde d’en dessous et offre au spectateur les meilleures séquences élégiaques d’un film atteignant à ce moment-là le sommet de sa beauté visuelle. Cette scène onirique s’inscrit ainsi en miroir des précédentes, comme si le monde inversé des morts voulait engloutir celui des vivants. Dommage que ces instants de grâce n’aient pas irisé le film en permanence, trop contraint par un anathème obligeant Rachel et Edward à rester cloîtrer dans leur prison dorée. A l’image d’un scénario enserré dans cet étau limitant son déploiement.

 

3,5/6

 

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Commentaires: 2
  • #1

    alice in oliver (mardi, 30 octobre 2018 21:52)

    Bon, si je comprends bien, pas très emballé par ce film d'horreur bucolique qui semble avoir du mal à décoller et à trouver son rythme de croisière

  • #2

    Roggy (mardi, 30 octobre 2018 22:05)

    De jolis moments mais sur la durée, c'est un peu plus compliqué.