749 chroniques de films

   31 chroniques de série

Ma pin-up du mois

L'as de pique
L'as de pique
PIFFF 2019
PIFFF 2019
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

 

KILLERS

 

GENRE : Tueurs en série

REALISATEUR : Mo Brothers

ANNEE : 2014

PAYS : Indonésie/Japon

BUDGET : ?

ACTEURS PRINCIPAUX : Epy Kusnandar, Rin Takanashi, Kazuki Kitamura...

 

RESUME : Nomura, la trentaine, vit avec succès à Tokyo. Les filles l’aiment et il apprécie leur compagnie. Mais derrière cette apparence, personne ne se doute de la réelle identité de Nomura… Il est un criminel impitoyable et l’auteur de meurtres violents qu’il immortalise par des clips vidéo postés ensuite sur internet. À des milliers de kilomètres vit Bayu, un journaliste d’investigation en disgrâce parti vivre à Jakarta. Suite à d’innombrables échecs, Bayu commence à ressentir une fascination pour les vidéos de Nomura… Il crée alors un alter ego : celui d’un tueur en série justicier qui enregistre ses propres meurtres. Les deux tueurs vont alors se livrer à un face-à-face mortel…

 

MON HUMBLE AVIS

On connaît le duo de réalisateurs surtout pour leur torture-porn Macabre. Cette fois-ci, chapeautés par les producteurs de The Raid et aussi de Sono Sion ! Les Mo Brothers nous ont concocté une petite bombe incendiaire mettant en scène la confrontation de deux serial-killers. Killers est un film ambitieux car il traite à la fois de la figure du tueur en série mais aussi de la diffusion des vidéos sur les réseaux sociaux et de l'obsession d'être reconnus.

Le film est construit sur deux histoires en parallèle, d'abord avec le parcours d'un tueur en série japonais qui ramène ses victimes chez lui et d'un journaliste indonésien qui, presque par hasard va se mettre à dessouder des quidams. Le lien entre les deux est que le 1er cité va mettre en ligne les vidéos de l'agonie de ses victimes. Le journaliste tombera dessus et les visionnera d'une façon morbide. Alors qu'il est dans un taxi, ce dernier se fera violenter et parviendra à s'échapper en tuant ses agresseurs. Un traumatisme qui le poussera presque par atavisme à également mettre une vidéo sur le net. La connexion entre les deux est faite puisque le tueur japonais les remarquera et rentrera en contact avec son imitateur indonésien.

Au-delà du film de tueur en série très noir et extrêmement violent, Killers est aussi une réflexion sur les nouvelles technologies et la capacité d'être vus par des millions de personnes à travers le monde. Une obsession que l'on retrouve aussi dans le récent Open windows. Des vidéos mises en ligne qui ont une résonance toute particulière avec l'actualité et les otages décapités au Moyen-Orient. Très vite, le journaliste tombe dans la folie et postera lui aussi ses méfaits car, même s'il est dégoûté par ce qu'il fait et ce qu'il voit, a quand même une envie macabre de continuer à regarder. Comme d'ailleurs l'ensemble des internautes connectés sur les sites des vidéos.

Visuellement, le film est très réussi avec une mise en scène adéquate, qui rappelle d'un côté les fulgurances esthétiques de The Raid (la scène du taxi et la course-poursuite dans l'hôtel à Jakarta), et de l'autre une cinéma japonais à la fois tendre et drôle (la relation du tueur avec la fleuriste et son frère autiste) et des moments de violence exacerbés. Même si on peut se sentir mal à l'aise sur certaines scènes un peu voyeuristes (le spectateur aussi est de fait complice), le film s'avère agréable à suivre dans cette descente aux enfers sans compromis. La scène finale est certes un peu appuyée mais la dernière image avec le petit garçon prenant la vidéo des cadavres est symbolique du film et de notre époque actuelle, impudique et irréversible.

 

Note : 5 / 6

Écrire commentaire

Commentaires: 0