708 chroniques de films

  30 chroniques de série

Ma pin-up du mois

Devine qui vient dîner le 31 ?
Devine qui vient dîner le 31 ?
PIFFF 2018
PIFFF 2018
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque
Soirée "Ozploitation" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

 

THE GREEN INFERNO

 

GENRE : Cannibal not a cause

REALISATEUR : Eli Roth

ANNEE : 2015

PAYS : USA

BUDGET : 5 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Lorenza Izzo, Ariel Levy, Dary Sabara...

 

RESUME : Un groupe d'activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d'une tribu particulièrement hostile.

 

MON HUMBLE AVIS

Attendu comme la Madeleine de Proust du film de cannibales, The Green inferno a fait saliver tous les adeptes de la cuisine amazonienne rouge sang. Malgré cette tentative de renvoyer au Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, le film d’Eli Hostel Roth laisse un goût amer en bouche comme si la sauce n’avait pas bien prise, la faute à une première partie très longue et une dernière bobine gore mais sans relief particulier.

Sous le prétexte de sauver la forêt massacrée par une concession minière, la troupe d’écolos du dimanche, tendance bobo universitaire, part s’enchaîner autour des engins de chantier pour créer un buzz médiatique. Sur cette idée de départ dans l’air du temps, Eli Roth entame son film en faisant de ses personnages des têtes à claques arrogants avec cette charge contre l’écologie de salon bien pensante. A l’inverse d’un Paul Verhoeven dans Starship Troopers, aucune empathie ne se crée, notamment à cause d’acteurs sans charisme et d’une préparation du projet frôlant l’ennui. Sans oublier la naïveté des personnages notamment dans le passage où Justine (Lorenza Izzo qui n’est autre que la compagne de Roth) découvre l’existence de l’excision (faudrait ouvrir un livre de temps en temps...) et s’offusque d’une telle pratique (comme par hasard, Justine aura droit à la sienne...).

Il faudra attendre 40 minutes pour le film se décante enfin avec l’arrivée de notre chair à cannibales dans les contrées péruviennes. Fêtant leur succès dans le petit avion du retour comme des springbreakers dégénérés, notre bande de djeuns finit sa route dans un crash en plein cœur du territoire des mangeurs de rognons en brochettes. Si le pilote en perd la tête, les survivants sont rapidement capturés par leurs hôtes dont la seule préoccupation sera de savoir lequel des gras du bide finira sur la table à manger. C’est aussi la seule motivation du scénario qui, à l’image des jeunes enfermés dans une cage en bois, ne développe plus beaucoup d’idées et se contente de se lâcher sur la tripaille comme dans une foire à la saucisse bavaroise.

Parce que côté gore craspec, reconnaissons que le brave Eli est généreux. Le 1er bizu est ainsi découpé comme un cochon en gros plan grâce à des effets visuels particulièrement réussis. Tout le guide du "parfait petit cannibale illustré" y passe. Enucléations, démembrements et cuisine du monde sont au menu de quelques scènes gratinées et presque bucoliques comme lorsque les vieilles de la tribu préparent le repas en chantant dans une ambiance proche d’un reportage de National Geographic. Des indigènes à la couleur rouge présentés comme des êtres primaires et semble-t-il obsédés seulement par le désir de se nourrir. Un contraste avec la tenue jaune des écolos qu’on retrouve dans une photographie très Z et télévisuelle. Passons sur l’humour (in)volontaire dans cette situation (une diarrhée peut surprendre à n’importe quel moment) ou sur la tentative presque réussie d’empoisonner la tribu grâce à de la drogue introduite dans le corps du futur repas, au point que tous les indigènes finissent par se tordre de rire comme des baleines enfumées (sérieux ?).

Au final, The Green inferno n’est pas très emballant, surtout pour le spectateur qui n’est pas un adepte du film de cannibales ni de la multitude de façons d’accommoder les carcasses humaines pour un repas réussi. En revanche, les fans de steaks de torse et de jambes en papillote y trouveront forcément des idées pour agrémenter leurs repas de fin d’année.

 

NOTE : 3/6

Écrire commentaire

Commentaires: 15
  • #1

    Rigs Mordo (vendredi, 18 décembre 2015 21:52)

    Pas encore vu mais ta chro, très bonne, ne m'étonne pas: tout le monde attendait comme le messie une bande qui était vouée à être décevante... Je le verrai, mais je me doute bien que c'est moyen comme tout...

  • #2

    Alice In Oliver (vendredi, 18 décembre 2015 21:59)

    Je n'ai pas encore eu l'occasion de visionner ce remake. Mais j'aurais un peu tout lu dessus avec en général des critiques assez mitigées. Et la tienne ne fait pas exception

  • #3

    Roggy (vendredi, 18 décembre 2015 22:44)

    A Rigs Mordo,
    L'attente n'est vraiment pas à la hauteur, même si je ne suis pas un fan de film de cannibales. Quand tu le verras, tu me diras ton sentiment :)

  • #4

    Roggy (vendredi, 18 décembre 2015 22:45)

    A Alice in Oliver,
    J'avais entendu et lu de mauvaises critiques ou du moins mitigées. Je n'ai donc pas été surpris en le visionnant.

  • #5

    Alice In Oliver (samedi, 19 décembre 2015 13:42)

    En même temps, difficile de renouveler le choc de l'original

  • #6

    Roggy (samedi, 19 décembre 2015 17:24)

    N'étant pas un aficionado de l'original, je suppose que oui :)

  • #7

    princécranoir (dimanche, 20 décembre 2015 11:43)

    Je n'ai lu ta critique qu'en pointillé car je garde encore ce film sous le coude pour une projection prochaine. Pourtant ton sentiment mitigé m'invite à la plus grande prudence. Roth ne serait-il plus ce maître d'Hostel qui nous tant impressionné ?

  • #8

    Roggy (dimanche, 20 décembre 2015 16:00)

    Et si Eli Roth n'était qu'un grand mystificateur ? "Hostel" était certes sympa mais quelque peu moralisateur. Sans parler de ses productions qui ne resteront pas dans les annales à mon sens. Peut-être que tu aimeras le film ? Perso, j'ai eu du mal à adhérer, comme tous les films de cannibales en fait.

  • #9

    titi70 (dimanche, 20 décembre 2015 16:08)

    Après un hostel qui sentait gentiment l'arnaque (le mec se fait torturer, mais, on ne voit que ses pieds, bonjour le film ultra glauque), j'avoue que j'avais quelques craintes concernant the Green Inferno. Et, au final, j'ai bien apprécié ce petit film et la mise en place des personnages ne m'a géné (le propos de Roth était également de montrer le comportement de certains touristes qui arrive dans un pays étranger comme si ils étaient en terrain conquis). Contrairement à ce que tu dis, même si je ne suis pas un grand connaisseurs de films de cannibales, j'ai été emballé par The Green Inferno (qui ne contient aucun massacre animal, ça fait du bien).

  • #10

    Roggy (dimanche, 20 décembre 2015 18:18)

    Ca vrai que les "Snuff" sur les animaux ont disparu de cette version moderne. Tant mieux si le film t'a plu même si je le trouve définitivement trop "over the top" dans les bons sentiments moralisateurs.

  • #11

    Plume / Dreampunk (mardi, 22 décembre 2015 11:27)

    Je cherche encore à comprendre l'intérêt de plaquer des gags façon American Pie (la chiasse que les persos trouvent plus dégueu qu'un éventrement effectué en parallèle, l'idée de rendre stoned les cannibales pour s'échapper, qui semblent provenir d'un Cheech & Chong) sur ce qui est censé être un hommage au boom Cannibal rital des 70/80s. L'image notamment est la première à perdre le côté brut et âpre au profit d'un truc digital très propre.

    En fait rien qu'à comparer la tribu de ce Green Inferno, qui se veut "Horreur" et celle de Skull Island dans le King Kong de Peter Jackson, qui apparaît bien crade comme il faut, on voit qu'il y a tout un monde entre les intentions et l'exécution. Et comme toujours chez Roth, ça traine, c'est long et les persos sont des connards insupportables (pas dans l'intérêt du scénario, mais juste un amas de couillons antipathiques dotés de répliques insupportables).

    A ce niveau là j'ai juste envie de dire que le niveau de Gore était une obligation de toute façon pas difficile à obtenir vu notre époque (je veux dire, y a qu'à voir Walking Dead), sans lequel il y aurait vraiment eu de quoi crier à l'arnaque.

  • #12

    Roggy (dimanche, 27 décembre 2015 19:21)

    Tu as très bien résumé le film à mon avis ! Malgré de bonnes intentions, Eli Roth a du mal à tenir la comparaison avec ses émules des 70's.

  • #13

    Kapalsky (dimanche, 24 janvier 2016 10:06)

    J'étais content de voir le film passer au Rex en octobre dernier, hélas je l'ai raté... mais ta critique confirme ce que d'autres relaient sur le film, pas indigent mais tellement la baffe qu'on attendait de monsieur Roth non plus apparemment...

  • #14

    Roggy (dimanche, 24 janvier 2016 10:37)

    C'est bien résumé. Le film a fait le buzz, mais ne mérite pas pour moi son statut de film culte.

  • #15

    JonMuller (mercredi, 17 mai 2017 15:13)

    Un peu mitigé également sur ce film... je l'attendais avec impatience pour au final être décu. Je m'attendais à une bombe et finalement j'ai eu un simple pétard... Dommage. Mais j'ai malgré tout pris du plaisir à le regarder. Tout n'est pas mauvais mais rien n'est parfait.