588 chroniques de films

  25 chroniques de séries

Ma pin-up du mois

You talkin' to me?
You talkin' to me?
Etrange festival 2017
Etrange festival 2017
Soirée "Enfants méchants" à la Cinémathèque
Soirée "Enfants méchants" à la Cinémathèque

Ma Blogothèque cinéphilique

Suivre le site
Suivre le site

 

GRAVE

 

GENRE : Chair addict

REALISATEUR : Julia Ducournau

ANNEE : 2016

PAYS : Belgique/France

BUDGET : 3 500 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX : Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella...

 

 Pitch : Pour son entrée dans une école vétérinaire, Justine, adolescente surdouée et maladivement timide, végétarienne comme tous les membres de sa famille, va subir le bizutage de rigueur. Pourra-t-elle compter sur sa sœur aînée, elle aussi étudiante dans la même école ?

 

MON HUMBLE AVIS

Après quelques courts-métrages, Julia Ducournau tourne ici son premier long-métrage, se faisant remarquer au Festival de Cannes et notamment à Toronto où une personne s'est évanouie à la vision du film. Un buzz qui n'est sans doute pas usurpé (même s'il a été accentué artificiellement), tant Grave peut choquer de part ses thématiques mais aussi ses images explicites et chocs de cannibalisme montrées par la réalisatrice.

Parce qu'on est réellement dans un film de cannibale où, suite à l'ingestion de viande lors d'un bizutage, Justine (Garance Marillier) voit son corps changer. Elle a d'horribles plaques rouges, des démangeaisons et surtout l'irrépressible envie de boulotter de la viande, alors qu'elle est une végétarienne convaincue. Mais, Grave est aussi la peinture d'une école vétérinaire avec ses codes et ses humiliations. C'est par le bizutage du début d'année que commence le film, avec sa cohorte de peur et d'ordres pour aboutir à une fête géante inaugurant l'année. Une photographie d'une micro société assez terrible où la mort rode en permanence. Les animaux sont opérés et disséqués dans le but d'être étudiés dans un lieu finalement propice à la suite du film.

Au-delà de l'aspect horrifique, la réalisatrice prend le temps de présenter ses personnages comme la sœur de Justine (Ella Rumpf), déjà en année supérieure à l'école, ou son colocataire gay (Rabah Naït Oufella) au cœur d'une histoire qui prend les contours du film d'horreur lorsque cette apprentie vétérinaire découvre les chamboulements de son corps. Progressivement, la jeune fille subit les modifications de son être comme si, symboliquement elle passait de l'enfance à l'âge adulte. Justine est encore vierge et le sang qui irise tout le film devient comme un miroir de sa future évolution.

Ce n'est pas la première fois que le thème du cannibalisme est exploité par le cinéma français. On se souvient des excellents Trouble every day de Claire Denis et Dans ma peau de Marina de Van qui embrassaient avec fureur les mêmes problématiques. Des films qui sont un écho à Grave dont on remarquera que ce sont trois femmes à la réalisation qui ont porté ces projets atypiques et déviants. A l'instar de ses aînés, Julia Ducournau n'y va pas avec le dos de la cuillère pour montrer cette sorte de maladie qui gangrène Justine. Ainsi, cette dernière n'hésite pas longtemps à manger un doigt, mordre les lèvres d'un jeune homme trop entreprenant ou se gratter jusqu'au sang sur sa peau devenue boursouflée.

Le film fait ainsi très mal dans son propos psychologique, notamment la vie dans l'école vétérinaire, mais aussi dans les images où les corps sont montrés sans fioritures et le cannibalisme n'est jamais relégué à la portion congrue,. Des effets visuels sanglants extrêmement réalistes et peu ragoûtants inspirant le dégoût plus que la fascination. Signalons aussi l'interprétation de Garance Marillier qui mange de la viande crue, avale tout et n'importe quoi et rejette même toute une pelote de cheveux dans une séquence particulièrement douloureuse. Le tout entouré d'un humour salvateur et bienvenu irradiant le métrage sans l'alourdir.

Si le film ne se départit pas de quelques problèmes, à l'image de la toute première scène renvoyant à la véracité des faits, à son côté un peu film "d'auteur" ou à des séquences d'exposition avec musique un peu longuettes, Grave est un métrage âpre, rugueux qui ne fait jamais dans la demie-mesure pour cette fuite en avant auto-destructrice. Il faut saluer cette production Franco-Belge pour son jusqu'au-boutisme et son parti pris de tout montrer dans un cinéma de genre hexagonal où on ne voit jamais cela. A l'instar de la dernière scène du film très réussie avec le père de Justine (Laurent Lucas).

 

4/6

 

Écrire commentaire

Commentaires : 13
  • #1

    Rigs Mordo (lundi, 20 mars 2017 20:05)

    Tu seras pas surpris si je te dis que ça me branche pas du tout, car le côté "auteur" me rebute à mort... Je pense donc passer mon tour sans regrets, mais nice chro !

  • #2

    Roggy (lundi, 20 mars 2017 20:10)

    Merci l'ami et je m'en doutais ;)

  • #3

    titi70 (mardi, 21 mars 2017 16:17)

    Il me faudra attendre début avril pour voir ce film. J'avoue que le fait que ce soit un film français (= chiant) ne me rassure guère, mais, je pense que je tenterais quand même.

  • #4

    Roggy (mardi, 21 mars 2017 16:57)

    Je ne dirai pas que le film est "chiant", il a plus un côté "drame francophone d'horreur" comme pouvait l'être, d'une certaine manière, "Alleluia".

  • #5

    Alice In Oliver (mardi, 21 mars 2017 22:17)

    Le film faisait partie des coups de coeur cinéphiles de france culture. Ta chronique est un peu plus mitigée mais je me laisserais bien tenter par cette expérience carnassière

  • #6

    Roggy (mercredi, 22 mars 2017 08:02)

    "Grave" détonne dans le paysage cinématographique français et, à ce titre mérite d'être vu. Malgré quelques problèmes (à mon sens), le film est assez réussi.

  • #7

    GirlyMamie (vendredi, 24 mars 2017 10:05)

    Ce film fait beaucoup de parler de lui, et j'ai très envie de le voir. Vu qu'il est français, ça me fait cependant un peu peur ! :D

  • #8

    Roggy (vendredi, 24 mars 2017 13:23)

    Surtout, ne pas préparer un pot au feu juste après la vision :)

  • #9

    princécranoir (dimanche, 26 mars 2017 20:59)

    Tu as pointé quelques défauts (le côté FEMIS ne me gêne pas outre mesure , donc je ne le mets pas dans la colonne moins, par contre la fin...), mais globalement on aurait tort de faire la fine bouche. ;-)
    Comme toi, j'ai pensé à "Trouble every day" (très auteur aussi mais sacrément fort) tout du long, et à Marina de Van aussi (même si j'ai complètement oublié d'en parler dans ma chro). Il manque un peu plus de maîtrise générale pour qu'au final on en reste pas sur notre faim.

  • #10

    Roggy (lundi, 27 mars 2017 12:21)

    C'est objectivement un film "coup de poing" du fait de son sujet et de son traitement. C'est un premier essai et il faut le saluer car il y a de très bonnes choses à l'intérieur. Après, je pense aussi que je ne suis pas le cœur de cible de la partie "teen movie" et que certains personnages m'ont semblé un peu lourd.

  • #11

    princécranoir (mercredi, 29 mars 2017 15:12)

    On vieillit qu'est-ce que tu veux. Je n'ai pas été non plus très en phase avec le délire de ces jeunes gens modernes.

  • #12

    Mr Vladdy (dimanche, 02 avril 2017 17:38)

    Un film que j'ai aimé mais qui n'a pas été la claque que l'on m'a vendue la faute à quelques scènes que je trouve inutile et à un jeu d'actrice qui ne m'a pas convaincu. Maintenant, je le reverrais quand même avec plaisir.

  • #13

    Roggy (dimanche, 02 avril 2017 19:47)

    Je peux comprendre ton ressenti du fait du parti pris de la réalisateur. Après, je pense qu'il faut saluer cette initiative française.