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GODZILLA 2 :

ROI DES MONSTRES

 

GENRE : Le Roi est mort ! Vive King Kong !

REALISATEUR : Michael Dougherty

ANNEE : 2019

PAYS : USA

BUDGET : 170 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Vera Farmiga, Kyle Chandler, Charles Dance...

 

RESUME : L'agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d'éclater. Alors qu'elles cherchent toutes à dominer la planète, l'avenir même de l'humanité est en jeu…

 

MON HUMBLE AVIS

Honni par une bonne partie de la planète et les fans du gros lézard atomique, le retour de Godzilla en 2014 sous la houlette de Gareth Edwards avait généré un océan de critiques négatives. Certaines fondées (l’absence de Godzi à l’écran) et d’autres plus aléatoires comme les événements vus à hauteur d’homme. A l’aune de ce nouvel opus, force est de réévaluer le long-métrage initial ne serait que pour la mise en scène inspirée et les images iconiques déployées avec maestria par Edwards. De fait, les pontes des Studios semblent avoir entendu les récriminations et cette suite enverra donc la purée. La bestiole apparaît rapidement en ouverture accompagnée de son cri strident afin de montrer qui est Raoul et donner le ton du film. Le résultat final tient pourtant plus du gâchis parmentier que du plat étoilé...

Et pourtant, l’arrivée sur le projet du réalisateur Michael Dougherty (Trick ‘r Treat, Krampus deux films plutôt réjouissants), pouvait faire dresser les écailles sur le dos. Godzilla 2 : Roi des monstres serait spectaculaire et festif. Des intentions louables mais qui ont du mal à se concrétiser à l’image, la faute à un scénario lambda et une scénographie sans saveur. Pire, les rares moments de bravoure sont littéralement illisibles, sur-découpés (les scènes d'action sont un peu téléphonées quand les humains ne sont pas sauvés in extremis par un Ex machina numérique) et quasiment sous une nuit pluvieuse permanente. Un comble pour des monstres gigantesques détruisant tout sur leur passage, à l’instar de cette première rencontre entre Godzilla et l’hydre à trois têtes Ghidorah. Cette dernière est certes magnifique, avec ses chetrons de dragon proche du Smaug du Hobbit, mais l’affrontement accouche d’une souris atomique.

Le problème majeur du film reste avant tout son manque d’affection. En plus d’un scénario très banal, Dougherty ne propose rien d’original en terme visuel et le casting est au diapason de cet encéphalogramme frémissant. L’intrigue se focalise autour d’une famille éclatée suite aux événements de 2014 où le fils avait perdu la vie à cause de Godzilla. Entre deuil et ressentiment, le père (Kyle Chandler, Super 8 en mode Jeff Goldblum dans Jurassic Park), la mère (Vera Farmiga, Conjuring) et leur fille (Millie Bobby Brown, la gamine de la série Stranger things) ne tirent pas vraiment leur épingle du jeu, n’engendrant aucune empathie particulière. Des personnages sans relief à l’image du méchant de service (Charles Dance) ou des obligatoires personnages asiatiques comme Ken Watanabee ou Ziyi Zhang. Bref, la sauce tourne à l’aigre dès le départ avec finalement peu d’apparitions des créatures dans la première heure et des allers-retours incessants des humains d’un point à un autre entrecoupé de discussions scientifiques.

Si Godzilla 2 : Roi des monstres n’est pas en soi un spectacle déshonorant ou ennuyeux, il ne convainc pas sur la durée malgré son déluge d’effets spéciaux et la multiplication des Kaijū dantesques tels que la mite Mothra ou le volatile Rodan en bon Némésis d’un Godzilla estampillé sauveur de l’humanité. Le film de Dougherty perd ainsi en âme ce qu’il explose en immeubles dévastés. Déverser les CGI est certes une solution, mais s’avère souvent un pis-aller facile au détriment de toute émotion. On se souvient de la franchise Pacific Rim voire du très peu trépidant Jurassic world : Fallen kingdom. A ne pas choisir son camp (Kong : Skull island assumait son penchant de série B fun agrémenté de séquences emphatiques réussies), Godzilla 2 passe à côté de son concept et ce malgré la dernière partie convoquant l’ensemble du casting animal pour un assaut final empreint de bruit et de fureur.

Là encore, les poncifs sont légions. Discours écologiste de circonstance (retournement de situation opportuniste) et sacrifices humains que n’aurait pas renié un Roland Emmerich qui aurait pourtant fini pendu par les bourses pour moins que ça. Bref, le scénario récite sa leçon avec application jusqu’à plus soif en dévoilant une civilisation oubliée ainsi que les origines de Godzi et ses amis. Dommage pour un Michael Dougherty apprécié dans mon antre, peut-être un projet trop ambitieux pour un tel artisan. Toujours est il que Casimir concocte son bloubi-boulga en y injectant toutes les bonnes recettes à disposition pour faire plaisir aux fans extatiques de la Toho et du gros lézard. Même si, soyons franc, les quelques notes originales du film d’ishiro Honda ou le fameux Go Go Godzilla ! du groupe Blue Öyster Cult font toujours plaisir. Au final, Godzilla 2 : Roi des monstres laisse un goût étrange en gueule comme si le film ne savait pas sur quelle papatte danser, entre blockbuster rempli jusqu’aux crocs du fond de monstres géants défonçant des villes entières, de jeux de mots décalés alors que le monde s’écroule et une gestion des distances très hasardeuse. Il faut juste espérer que le combo belliqueux Godzilla/Kong prévu pour 2020 et réalisé par Adam Wingard (You're next, The guest) soit à la hauteur des attentes. Je mets un billet sur la victoire de Mister Kong.

 

3/6

 

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Commentaires: 10
  • #1

    Rigs (jeudi, 13 juin 2019 20:09)

    "le fameux Go Go Godzilla ! du groupe Blue Öyster Cult" Ben dis donc, je t'ai cultivé à temps :)
    Sinon super chronique, même si elle me refroidit pas mal évidemment. Dommage que toute l'action se déroule sous une nuit pluvieuse, on ne va pas chez Godzilla pour ne rien y voir... Quant au Kong vs Godzi, je suis pas certain qu'un Wingard soit le meilleur candidat pour une production de ce type...

  • #2

    Roggy (jeudi, 13 juin 2019 20:34)

    Merci l'ami en effet pour m'avoir fait découvrir le titre :). Quant à Adam Wingard, je suis complètement d'accord avoir, il a le même profil que Dougherty. Go Go Kong ! :)

  • #3

    Pericoloso (jeudi, 13 juin 2019 21:43)

    Gâchis parmentier... rien que pour ça, merci ! Bon, sinon ça refroidit en effet un peu comme dit le monsieur au dessus, celui qui connaît le Blue Oyster bar... �. Ceci dit je tenterais qd même, mais en 3d, devant ma télé, just for fun.

  • #4

    Roggy (jeudi, 13 juin 2019 23:13)

    En 3 D, la queue de Godzilla va te sembler encore plus grosse...

  • #5

    Pericoloso (vendredi, 14 juin 2019 02:57)

    Plus rien ne m'étonne niveau queue maintenant tu sais...

  • #6

    alice in oliver (vendredi, 14 juin 2019 12:08)

    j'ai lu aussi d'autres critiques mitigées à propos de cette suite, en attendant le pugilat improbable entre Godzilla et King Kong, un combat titanesque qui existe déjà par l'entremise d'un nanar décrépit

  • #7

    Roggy (vendredi, 14 juin 2019 19:31)

    Si le résultat est aussi bon que Kong : Skull island, je suis preneur...

  • #8

    titi70 (samedi, 29 juin 2019 11:22)

    Après le film de Garreth Edwards ou celui ci montrait qu'il se fichait des monstres et préférait les humains (comme Guillermo Del Toro avec Pacific Rim), ce Godzilla 2 prend en effet le contre pieds. Totalement imparfait, j'ai pourtant prit un certain plaisir à ce film qui a au moins le mérite de montrer les créatures correctement et non dans des scènes éclairés à la bougie.

  • #9

    Roggy (samedi, 29 juin 2019 11:29)

    J'aurai bien aimé "voir" les créatures mais elles sont tellement mal filmées que le spectacle est pour moi vraiment à côté des intentions pourtant louables. Dommage :).

  • #10

    titi70 (lundi, 01 juillet 2019 11:13)

    Perso, j'ai bien vu les créatures de Godzilla 2 et notamment un King Ghidora qui n'a jamais été aussi beau. Ca change, les scènes d'action du 1 ne dégageait aucune ampleur.