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GODS OF EGYPT

 

GENRE : Oh my God !

REALISATEUR : Alex Proyas

ANNEE : 2016

PAYS : USA

BUDGET : 140 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Nicolaj Coster-Waldau, Gerard Butler, Brenton Thwaites...

 

RESUME : Dans une époque ancestrale, durant laquelle les Dieux vivaient parmi les hommes, la paix règne en l’Egypte. Mais Seth, Dieu du désert, qui convoite le pouvoir, assassine le roi et condamne Horus à l’exil, plongeant le royaume d’Egypte dans le chaos. C’est l’intervention d’un jeune voleur, Bek, qui va sortir Horus de sa prison. Ensemble, ils se lancent dans une aventure épique qui va donner lieu à une guerre sans précédent. Jusqu’aux frontières de l’au-delà, monstres et armées des dieux se déchaînent dans une lutte dévastatrice…

 

MON HUMBLE AVIS

C'est officiel, Alex Proyas ne fait plus partie du monde des grands réalisateurs. Il est désormais tombé dans les limbes Hollywoodiennes où il a rejoint dans l'oubli ses confrères « Yes man » ou Michael Bay (sauf que lui y a toujours été). Comme il est triste de voir ce qu'est devenu le réalisateur de The Crow et Dark City. Les quelques signes avant-coureurs de sa déchéance étaient perceptibles avec I, Robot et Prédictions, mais ils étaient quand même loin de cet ignominieux Gods of Egypt. Je n’ai pas la réputation d’avoir la dent dure et j'en ai vu des bouses, mais marcher sur un étron de dromadaire de cette taille me fait honte d'avoir acheté une place de cinéma. Parce qu'il n'y a vraiment pas grand-chose à sauver de Gods of Egypt.

Dès le départ on sent monter cette odeur nauséabonde du foutage de gueule avec une caméra se faufilant à 200 à l'heure sur une terre d'Egypte numérisée et un dégueulis d'effets spéciaux du plus laid effet. Et les premières scènes confirment qu’on a pris place sur le vaisseau-amiral de la mythologie pour Carambar, longue croisière interminable en direction du Stix de la médiocrité pour académiciens de la télé-réalité et de l’Histoire de pacotille. A l’image de la présentation de ces Dieux, harnachés tels des Drag queen et vitupérant comme dans un drame Shakespearien. Comble du bon goût, les scénaristes ont la bonne idée de grandir les Dieux par rapport aux simples mortels pour montrer qu'ils leur sont supérieurs. De fait, on a l'impression que les hobbits ont refait leur apparition, mais en Egypte. Et voilà, c'est parti pour 2 heures de bouillie de cinéma dérivant au sein d’un scénario aussi creux qu'un arbre à Fukushima. L’amoureux d’aventures exotiques et de mythologie égyptienne peut ranger son selfie avec Toutankhamon et aller mater à nouveau le remake bien plus divertissant du Choc des Titans. C’est dire...

Je suis le Roi du Monde !
Je suis le Roi du Monde !

Mais résumons les enjeux de ce spin-off des Feux de l'amour. Seth n'est pas content car Horus va lui piquer son futur job de Roi. Au moment du couronnement, Seth tue l'actuel Roi Osiris, son frère cadet pour empêcher son cousin Horus de s'emparer du pouvoir en lui arrachant les yeux, sources de son pouvoir. Mais Beck, un gars du peuple, va aider Horus en volant un de ses yeux magiques et passer un deal avec lui en échange du sauvetage de sa cops Zaya, partie faire une virée en enfer. Grâce à ce bon Beck, Horus va retrouver un œil mais, même borgne, il est toujours véner, comme un Jean-Marie déchu de son trône, et n’aura de cesse de se venger. Ces maigres enjeux vont être prétexte à une suite de scènes de bravoure où vont s’affronter diverses créatures mythologiques et numériques (comme le bien connu homme à la tête de bouledogue). Je sauverai par charité polythéiste l’attaque des serpents géants. En revanche, un 3e œil vient de me pousser pour les séquences over the top situées dans l’espace avec le personnage de Râ (Geoffrey Rush) défendant notre monde à coup de rayon-laser fluorescent face à un démon géant à l’allure de lombric de Dune tout droit sorti de la cuvette septique de l’enfer. Quelque part entre Albator, Dragon ball Z et San Ku Kaï.

Force blanche !!!
Force blanche !!!

Passe encore ce script digne d'une rédaction de CM2, se dit le spectateur croyant se rattraper sur le visuel au vu du budget pachydermique dévolu au réalisateur australien. 140 millions de patates pour cette purée d’effets spéciaux proches d'une cinématique de Playstation 2. En plus des décors hideux ayant du mal à s'insérer dans l'image, les affrontements de ces Dieux transformés (Transformers ça marche aussi) en monstres ailés et recouverts d'armures pétaradantes ressemblent à une version Amstrad non finalisée. Illisibles et mal filmées, les séquences d'action sont pathétiques à un point rarement atteint. On ne voit rien au milieu d'une explosion de couleurs criardes masquant l'absence de direction artistique. Et ce n'est pas mieux quand on redescend sur Terre avec les acrobaties aériennes de Bek, simple voleur, se déplaçant tel un Yamakasi dans Prince of Persia ou Super Mario en sautant sur des pyramides muées en plate-formes de jeux vidéos.

Pour le reste, le casting eurasien montre que les auteurs du film devaient dormir pendant les cours d'histoire géo. Le héros humain Beck (transparent Brenton Thwaites vu dans The signal) ressemble plus à un surfer australien qu'à un citoyen égyptien. Un peu comme Nicolaj Coster-Waldau dans le rôle d'Horus, qui peine toujours à s'extirper de Game of Thrones. Il fait ce qu'il peut pour être crédible mais sa mèche rebelle ne trompe pas. Seul Gérard Butler est au niveau et surnage au milieu de ce naufrage titanesque dans le rôle de Seth, à l'image de sa prestation en Roi Léonidas. Chocolatier un jour, chocolatier toujours ! comme il le scandait dans la version belge de 300. Je passe sur les autres acteurs comme Rufus Sewell (Dark City) en architecte machiavélique dont la participation au film fait offense à sa filmographie. On saura néanmoins gré au réalisateur d'avoir casté les mignonnes et courtes vêtues Courtney Eaton (Mad Max : Fury road) pour jouer Zaya (non Franck, range ta lance teutonique, c'est pas la même) et Elodie Yung (Gi Joe : Conspiration) dans le rôle de la déesse de l’amour Hator, plutôt à raison.

Je ne voudrais pas tirer encore plus sur cette caravane mortuaire, mais je n'oublie pas l'humour permanent intempestif distillé par le sidekick Beck et son acolyte Horus, dans ce reboot involontaire de La Chèvre. Les dialogues sans intérêt et une voix-off pompeuse remettant une couche dans le ratage du film, ou cette incroyable iconographie panthéiste très décalée voire ringarde des Dieux, mélange du raté Thor de Kenneth Branagh et du Flash Gordon de 1980. Sauf qu'au moins il y avait la musique de Queen. Celle de Marco Beltrami est à l'image du film, niaise et à côté de la pyramide (on croirait presque reconnaître le thème du Masque de Zorro !). Mention spéciale enfin au personnage de Thoth, censé être le Dieu de la sagesse qui, en plus d'être con comme un participant à Money Drop et incapable de répondre à l'énigme du Sphinx, est affublée d'un humour au ras des papyrus et d’un maniérisme gaiement ridicule, notamment dans une scène un peu gênante, par sa bêtise et son traitement, tournant autour d’une endive.

Thothalement à la masse
Thothalement à la masse

C'en est trop pour le cinéphile déviant amateur de nanardises. Parce que Gods of Egypt ne mérite même pas le qualificatif sympathique de nanar. Non, il est juste très mauvais. O Dieu du cinéma, va donc sauver le soldat Proyas, pendant qu'il est encore temps, qui s'enfonce de plus en plus dans les sables mouvants du portnawak. Et toi, simple mortel, amoureux de cinéma, je te conjure de ne pas mettre un pied dans une salle de cinéma pour voir ce monstre enfanté par des cerveaux malades, de ne jamais sortir une once d'euro pour l'achat d'un DVD et interdiction de regarder la bestiole lors d'un passage télé, même par hasard.

Roggy, sacrifié sur l'autel de l'entertainment pour éviter aux spectateurs innocents de commettre l'irréparable sous peine de malédiction ancestrale. Rien que ça.

 

1/6

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Commentaires: 16
  • #1

    Rigs Mordo (jeudi, 21 avril 2016 20:45)

    Et ben putain, tu m'avais prévenu que t'étais chaud, mais je m'attendais pas à ça! C'est moi que tu refroidis du coup car en bon fan de la mythologie égyptienne, le film me tentait, mais là... En tout cas, dommage que tu vois pas plus souvent de daube, ton style cassant est particulièrement jubilatoire!

  • #2

    Roggy (jeudi, 21 avril 2016 20:51)

    Merci l'ami. C'est vrai que je me suis lâché mais je t'assure que le film en valait la peine. C'est pas possible :)

  • #3

    princecranoir (vendredi, 22 avril 2016 07:03)

    Un ami en était sorti circonspect. Ton verdict est sans appel. Je vais contourner l'Egypte et plutôt me relire cette chronique jubilatoire une deuxième fois !

  • #4

    Laurent (vendredi, 22 avril 2016 08:37)

    Cool! Tu m'as fait économiser au moins 10€. Merci.
    Par contre j'aimerais bien la voir cette version belge de 300 :-)

  • #5

    Roggy (vendredi, 22 avril 2016 09:09)

    A Princecranoir,
    Je pense qu'on est nombreux à être sorti de la salle la tête basse. Il y a longtemps que ça ne m'était pas arrivé d'ailleurs. Prends plutôt le périph et ne pénètre jamais dans cette Egypte de carton pâte ;)

  • #6

    Roggy (vendredi, 22 avril 2016 09:12)

    A Laurent,
    Mais de rien pour l'économie !
    Il me semble bien que la version belge de "300" est sortie en wallon et flamand chez RMP (Rigs Mordo Productions) :)

  • #7

    Alice In Oliver (vendredi, 22 avril 2016 11:40)

    Actuellement à l'affiche au cinéma et je me dispenserai donc de ce joyeux nanar. Dommage car il y a pourtant un bon réalisateur derrière la caméra

  • #8

    Roggy (vendredi, 22 avril 2016 11:54)

    Il y a longtemps qu'Alex Proyas n'a pas réalisé un grand film comme ses deux premiers. Je trouve que sa patte s'est fortement diluée dans ses récents blockbusters.

  • #9

    Nola Carveth (samedi, 23 avril 2016 18:10)

    Ha oui, ça gicle, dis donc ! Je rejoins Rigs, c'est jubilatoire à lire, et merci de t'être dévoué. Je n'y mettrai pas les pieds, surtout en tenant Dark City pour une petite pépite.

  • #10

    Roggy (samedi, 23 avril 2016 18:41)

    Merci Nola pour ton commentaire. C'est vrai que j'ai pris plus de plaisir à rédiger cette chro qu'à voir le film. Et si tu ne le vois Jamais, c'est aussi bien ;)

  • #11

    Kapalsky (mardi, 26 avril 2016 19:55)

    Que je me marre à la lecture de ta pertinente critique! Bon dieu que cette love-story était dispensable, je demandais plus à voir le chocolatier faire son numéro qu'à voir ces deux zigotos pubères, quitte à voir un spectacle aussi zinzin, j'aimerais qu'il le soit jusqu'ua bout :D

  • #12

    Roggy (mardi, 26 avril 2016 20:02)

    Je pense aussi que "l'amour dans la chocolaterie" serait finalement une bonne idée :)

  • #13

    Moskau (mercredi, 04 mai 2016 20:08)

    On peut dire que Proyas enterre sa carrière. Vraiment dommage. J'ai bien peur qu'il ne refasse plus jamais un The Crow,Un Dark City ou même un I,Robot...

  • #14

    Roggy (mercredi, 04 mai 2016 20:10)

    Je le pense aussi. Ca va être dur de revenir en arrière désormais...

  • #15

    Avel (samedi, 14 mai 2016 18:23)

    Je ne peux pas défendre ce film, cependant j'ai passé un bon moment devant (je ne m'attendais à rien d'autre de ce que j'ai vu donc aucune surprise, ni bonne ni mauvaise ^^).
    Et l'histoire et TELLEMENT prévisible... c'est un petit conte pour les enfants quoi. Avec de GROS effets spéciaux PARTOUT.
    Ta critique m'a bien fait rire XD

  • #16

    Roggy (mardi, 17 mai 2016 20:36)

    Au moins tu auras ri et c'est déjà pas mal :)