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THE GIRL WITH ALL THE GIFTS

 

GENRE : La petite fille aux allumettes

REALISATEUR : Colm McCarthy

ANNEE : 2016

PAYS : UK/USA

BUDGET : 4 000 000 £

ACTEURS PRINCIPAUX : Sennia Nanua, Gemma Arterton, Glenn Close...

 

RESUME : Dans la campagne anglaise, une base militaire retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions.

 

MON HUMBLE AVIS

Tiré d'une nouvelle de Mike Carey qu'il a lui-même modifié et amélioré pour en faire un scénario, The girl with all the gifts (traduit chez nous en The last girl) est une nouvelle variation d'un genre bien connu et ressassé à foison. Ce film d'infectés tire pourtant son épingle du jeu en proposant une approche originale de sa thématique et créée une réelle empathie pour ses personnages. Même si la situation d'origine n'est pas révolutionnaire, le film parvient à se renouveler et à progresser sur la durée, chose rare et qui mérite d'être soulignée.

Le métrage débute par 20 minutes d'enfermement où des enfants, harnachés à l'instar de criminels dangereux, sont trimballés en fauteuils roulants par des militaires surarmés dans des salles de classe comme si c'étaient des sortes de mutants possédant des pouvoirs particuliers. Très vite, on comprend qu'ils sont contaminés par une bactérie leur donnant l'envie de bouffer de l'humain, à l'image d'un soldat faisant un test en proposant son bras en pâture. On est donc en présence d'une nouvelle génération de zombies étudiés par un reste d'humanité cherchant un vaccin grâce à ces enfants paraissant normaux, voire surdoués intellectuellement, mais en capacité à se muer en êtres voraces avec dentier proéminent à la clé.

La première partie s'avère claustrophobique et sans artifice permettant surtout de faire connaissance avec la petite Melanie (Bluffante Sennia Nanua dans son premier rôle) en point focal du récit et condamner à passer ses journées entre sa cellule et les cours dispensés par l'affable et compréhensive Helen Justineau (Gemma Arterton, Bizantium). L'opposée du Sergent Parks (Paddy Considine, Le dernier pub avant la fin du monde) dirigeant cette prison souterraine grâce à des méthodes brutales et sans empathie pour ces petits monstres étudiés par la scientifique Caroline Caldwell (Glenn Close, Liaison fatale) jusqu'à vouloir les disséquer pour sauver une humanité aux abois. Il faut dire qu'à l'extérieur, la menace se fait de plus en plus prégnante. Des hordes de zombies assiègent ce qui est en fait une base militaire perdue dans la campagne anglaise.

Forçant les lignes, les infectés sèment une zizanie sanglante et obligent les hommes et les femmes à s'enfuir lors d'une séquence impressionnante nous renvoyant à l'ouverture de l'excellent Extinction de Miguel Angel Vivas en 2015. Désormais coincés dans l'immensité du monde et au milieu d'une menace permanente, les personnages mis en exergue au début du film, cherchent à rejoindre une autre base mais pour cela, il faut traverser la ville de Londres dévastée et remplie de zombies jusqu'à la gueule. The girl with all the gifts change alors encore de point de vue puisque la petite Melanie se retrouve dans le groupe et ces derniers survivants passent une sorte de pacte avec elle pour survivre au milieu de ses cousins d'infortune. La bonne idée du film est de créer une alliance de circonstance entre Melanie, faisant partie à la fois du monde des vivants mais ayant aussi besoin de se nourrir pour satisfaire ses instincts de fillette contaminée. Seul un masque transparent et très “Lecterien” protège les humains de cet être hybride et volubile qui s'est prise d'amitié pour Miss Justineau.

Si le film avait commencé lentement, force est de constater qu'il prend son envol dès que les évadés quittent la base militaire pour rallier une Londres revenue à l'état sauvage. Bénéficiant d'effets visuels de qualité au vu d'un budget pas si extensible, The girl with all the gifts parvient à tenir l'attention du spectateur tout du long et ce, malgré les passages obligés d'attaques d'infectés ou la scène voyant la petite troupe tenter de circuler au milieu d'une centaine d'entre eux immobiles, en état de léthargie prêts à se réveiller au moindre bruit. Une séquence qui nous rappelle la série The walking dead tout comme le début du métrage. Autre référence, le diptyque des 28 jours plus tard pour la rapidité toute Britannique  avec laquelle se déplacent les zombies. Pour autant, ces références certainement assumés ne nuisent pas à l'existence propre d'un film parvenant à se doter de sa propre vie grâce à un scénario certes linéaire mais efficace, et servi par un casting de haut niveau et complémentaire, accompagnés par une musique envoûtante composée par Cristobal Tapia de Veer.

Colm McCarthy, qui a surtout œuvré dans des séries pour la télévision, instaure ainsi une atmosphère angoissante d'autant plus qu'on a réellement peur pour ses personnages et en premier lieu pour l'abattage extraordinaire de la petite Sennia Nanua qui tient le film aux bouts de ses frêles bras, n'hésitant pas à tomber dans une violence extrême lorsque nécessaire. Car le film peut se faire agressif visuellement mais aussi psychologiquement notamment quant au sort réservé aux enfants. Contrairement à certains blockbusters américains, la violence n'est pas édulcorée (malgré quelques CGI) et participe à ce climat de dangerosité permanent tandis que cette alliage contre-nature progresse dans une ville devenue un champs de ruine. Il faut aussi souligner la performance des autres acteurs, notamment une Glenn Close étonnante et totalement crédible en scientifique prête à tout pour trouver un vaccin.

De nouveaux rebondissements dans la dernière bobine font encore évoluer le film en découvrant les origines et les mutations dues à l'infection. Un pathogène naturel qui génère un changement d'attitude et des choix pour Melanie lors d'une séquence magnifique initiant le début d'un nouveau monde. The girl with all the gifts réussit donc son pari de l'hybridation, à la fois film d'horreur et réflexion sur les origines de la vie et la nature de l'homme (les mythes grecs sont présents et utilisés comme des références) avec une certaine forme de poésie élégiaque. Certes, la dernière séquence est, à mon sens un peu ratée, mais sans conséquence sur l'ensemble du film qui se reçoit comme une bonne surprise, surtout au regard d’un sujet largement rebattu au cinéma.

 

4,5/6

 

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Commentaires : 8
  • #1

    Alice In Oliver (mardi, 04 juillet 2017)

    Un film d'horreur qui nous convie à une réflexion sur notre propre genèse, bon autant qu'il m'intéresse celui là !

  • #2

    Roggy (mardi, 04 juillet 2017 14:09)

    C'est surtout une réflexion sur la monstruosité et par extension sur notre humanité.

  • #3

    titi70 (mardi, 11 juillet 2017 16:11)

    Pas vraiment convaincu par la bande annonce de ce film qui présente des gamins à l'aspect normal, alors que, pour des zombies, ils devraient avoir le visage et le corps décharné. Mais, j'attendrais de le voir chez moi pour me faire une véritable idée.

  • #4

    Roggy (mardi, 11 juillet 2017 20:04)

    Tu as raison sur l'aspect des enfants mais, à la vision du film, tu comprends pourquoi ils ont cette allure-là.

  • #5

    2flicsamiami (dimanche, 16 juillet 2017 08:51)

    Glenn Close dans un film de genre pique ma curiosité. Les quelques critiques que j'ai pu lire à son propos (dont la tienne) engage à la découverte.

  • #6

    Roggy (dimanche, 16 juillet 2017 14:36)

    C'est aussi ce qui fait le charme du film à mon sens. Une vraie découverte.

  • #7

    Princecranoir (vendredi, 21 juillet 2017 08:04)

    Encore des zombies ! Je descends à peine du dernier train pour Busan que tu proposes de tenir compagnie à ces mômes grave affamés. La variation sur le genre rebattu est intéressante et riche en protéine, en tous cas tu vends bien le produit. So why not...

  • #8

    Roggy (vendredi, 21 juillet 2017 13:32)

    Le film devrait te plaire même si on reste dans une thématique largement rebattue.