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LA GALAXIE DE LA TERREUR


GENRE : Et, j’ai crié... Alien !!!

REALISATEUR : Bruce D. Clark

ANNEE : 1981

PAYS : USA

BUDGET : 2 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Zalman King, Erin Moran, Sid Haig,...


RESUME : Sur la planète Morganthus, l'équipage d'une unité spatiale disparaît subitement. Un vaisseau de sauvetage y est envoyé mais ne trouve aucun survivant sur place. Dans le but d'en savoir plus, les sauveteurs explorent les environs sur Morganthus et s'introduisent dans une gigantesque et terrifiante pyramide.


MON HUMBLE AVIS

C’est avec un retard de plus de 30 ans que j’ai visionné cette petite production qui aurait sans aucun doute pu intégrer mon dossier 1981 si je l’avais vu à l’époque. La galaxie de la terreur est vraiment une bonne surprise pour les amateurs de vieilles bandes de SF rétro des 80’s avec toit ouvrant sur les étoiles et option nanar sans supplément. En route vers l’infini en carton-pâte !

Avec le succès d’Alien à la fin des 70’s, Roger Corman (en homme averti et toujours prêt à faire tomber les dollars) décida d’exploiter le filon de la SF à l’instar de ses collègues transalpins. Bien lui en a pris puisque son film vole bien au-dessus de toutes les œuvrettes du genre qui ont pullulé à cette époque. Avec un casting où on reconnaît Erin Moran, (Happy days), ou encore un Zalman King énervé et cabotineur (futur scénariste et réalisateur de L’orchidée sauvage avec Mickey "je change de tête tous les ans" Rourke). Sans oublier une des futures stars du cinéma de genre en la personne de Robert Englund (à la fois gentil alien dans la série Vet éminent croquemitaine dans la franchise Freddy), ou ce brave Sid Haig qui a longtemps traîné sa barbe sur les tournages de série B avant de bénéficier d’une seconde jeunesse grâce à Rob Zombie (The Devil’s rejects).

Après une scène d’introduction où le Maître (à la tête lumineuse !) décide d’envoyer une mission de secours pour récupérer l’équipage du vaisseau spatial "Rebus", le film démarre très vite. Un postulat de départ assez simple qui aura le mérite de nous propulser immédiatement dans l’espace en direction d’une mystérieuse planète inhospitalière, où trône une magnifique et gigantesque pyramide. Malgré son budget peu important, force est de constater la bonne tenue des effets spéciaux (rouge sang et bricolés pour certains plans très gores) et des matte-painting. D’autant plus qu’ils sont notamment l’œuvre de Tony Randel (futur réalisateur de Hellraiser 2), Alec Gillis (Starship Troopers), aidés par un certain James Cameron aussi réalisateur de seconde équipe. Tous trois en provenance de l’écurie Corman au même titre que l’ensemble des techniciens présents sur le plateau pour les décors et costumes parsemant ce film aux influences multiples en plus d’Alien. Comment ne pas penser à La planète des vampires ou Inseminoïd, et même The Thing plus tard.

Des références plus ou moins voulues au sein d’un métrage qui, soyons honnête, pêche un peu au milieu de son récit, une fois les astronautes débarqués. La galaxie de la terreur devient alors un film de couloirs, certes sympathique, mais au rythme assez lent, qui vaudra surtout pour ses quelques scènes d’attaques. Comme celle qui voit la pauvre Dameia (Taaffe O’Connell) se faire littéralement violer par un gros ver, une gloumoute de tube et de latex (la très belle affiche du film pas aussi réussie dans la réalité...). Le monstre aura quand même la bonne idée de dévêtir la donzelle pour faire partager aux spectateurs ses charmes pulmonaires. Quuhod (Sid Haig) aura aussi la malchance de croiser une créature qui lui sectionnera le bras (et plus sans affinité), malgré sa dextérité pour manier des sortes de shurikens géants en cristal qui renvoient directement au fabuleux, et maintenant un peu kitsch, Krull de Peter Yates en 1983.

Au-delà de ses qualités techniques et visuelles (pour les nostalgiques comme moi), La galaxie de la terreur n’en reste pas moins une série B où certains acteurs surjouent (Erin Moran a les yeux exorbités en permanence...) et où les dialogues en VF restent irrésistibles. Cela va d’un « Non d’un Martien borgne ! » au commandant qui, escaladant une montagne, déclare de manière péremptoire « Je suis vieux et fatigué, je préfère mes pantoufles ». Des répliques nanardesques disséminés tout au long du film entretenant un climat comique entre séquences de combats, plans gores et massacre de l’équipage. Le film se permettant même de finir sur une scène pseudo philosophico-mystique assez incompréhensible, sortie de l’esprit d’un trip sous acide. Des ambitions étranges pour une véritable série B, flirtant constamment entre le portnawak, le film de SF d’horreur de qualité et une réflexion métaphysique sur la vie ! Définitivement un must du genre.


NOTE : 4/ 6


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Commentaires: 14
  • #1

    Alice In Oliver (mardi, 04 août 2015 08:44)

    Un must je ne sais pas, enfin pas pour moi en tout cas, mais une sorte de brouillon d'Aliens le retour avant l'heure. Sympathique en tout cas

  • #2

    Rigs Mordo (mardi, 04 août 2015 10:31)

    "Le film se permettant même de finir sur une scène pseudo philosophico-mystique assez incompréhensible, sortie de l’esprit d’un trip sous acide." Clairement! Et c'est à la fois un défaut et une qualité selon où on se place! Moi ça m'a pas dérangé en tout cas comme final! Je sais que l'ami Plume de Rêve trouve tout le scénario très logique, je ne suis pas de son avis, mais ça montre que le film est intéressant. Très bonne chro Rog!

  • #3

    Roggy (mardi, 04 août 2015 11:50)

    A Alice in Oliver,
    Je me suis peut-être un peu enflammé :) mais j'ai bien aimé le film et son ambiance, malgré ses défauts très sympathiques au demeurant.

  • #4

    Roggy (mardi, 04 août 2015 11:52)

    A Rigs Mordo,
    Merci Rigs pour ton commentaire ! Moi, non plus la fin ne m'a pas dérangé ! Elle contribue à faire du film un OVNI au bon sens du terme. Si Plume trouve que le scénario est logique, c'est qu'il doit prendre les mêmes substances que les scénaristes... :)

  • #5

    Alice In Oliver (mardi, 04 août 2015 15:17)

    Perso je le considère comme un pur produit du cinéma bis : sympathique mais franchement, je préfère vraiment la saga Alien

  • #6

    Roggy (mardi, 04 août 2015 18:48)

    Il n'y a pas de comparaison entre les deux films. "Alien" est bien meilleur à tous les niveaux. Mais, "La galaxie de la terreur" est un très bon nanar !

  • #7

    Plume / Dreampunk (mercredi, 05 août 2015 12:03)

    Ah oui oui, c'est moi qui comprend le film mais c'est moi qui prend des drogues bien sûr. C'est pas comme si l'intrigue était justement expliquée en longueur par Ray Waltson (le ptit vieux de Mon Martien Favori) à la fin du film justement.

    En gros c'est ça: Corman à produit deux clones d'Alien a peu près en même temps. Galaxy of Terror et Forbidden World. Le deuxième est effectivement un repompage complet d'Alien, le premier tient plus de Star Trek avec un univers futuriste donné, un background important qu'il convient d'écouter et des races / clans particuliers. Bizarrement tout le monde est content quand on fait ça dans Mad Max 4, mais là c'est un petit budget donc pfoulala forcément nanar.

    Basiquement, y a longtemps, il existait une race extraterrestres doté de pouvoirs psychiques. Ils étaient sans doute télépathes, pouvaient matérialiser leurs pensées, etc. Au fil du temps ils ont fini par s'éteindre / se diluer ou tout simplement ils font profil bas. On en sait rien, c'est pas expliqué et effectivement c'est dommage. Quoiqu'il en soit il reste un de ces êtres qui est joué par Waltson. Sous couvert d'une mission spatial, il envoie un équipage sur une planète où se trouve une ancienne construction de sa civilisation.

    Il s'agissait d'une zone où les enfants aliens pouvaient apprendre à développer leurs pouvoirs mentaux. Le but était de faire face à ses peurs et de les affronter, contrôler ses émotions etc. C'est pour ça que, à la manière de Sphere par exemple, les peurs et terreurs des personnages apparaissent au grand jour. Grossièrement, leurs faiblesses va les anéantir s'ils sont incapable de les maîtriser. C'est pour ça que le petit gars se fait tuer dans le noir, car il était ultra peureux. C'est pour ça que la commandante hallucine d'une bataille spatiale (c'est une vétérante quasi paranoïaque) et meurt dans l'explosion de son vaisseau. C'est pour ça que Sig Haid (un soldat / réplicant / je ne sais quoi, pas expliqué encore c'est malheureux) se fait tuer par ses propres cristaux: il est dit que son clan ne vit que sur la confiance de leurs armes, et il devait craindre de ne plus les contrôler. La fille avait une peur panique des vers, et elle se retrouve violée jusque dans son intimité...

    Au final, celui qui parvient à circuler dans ce labyrinthe sans périr, sans s'isoler, sans s'effondrer, est digne de succéder à Walton. Alors pourquoi un humain, est-ce qu'il est un descendant de la race extraterrestre ou est-ce que ces aliens psychiques se logent dans des hôtes, on ne sait pas, effectivement c'est bizarre.
    Et le vrai soucis de Galaxy c'est que le héros est loin d'être le meilleur du lot. C'est Robert Englund qui aurait dû gagner, puisqu'il réalise le danger avant tout le monde et comprend même que Waltson n'est pas celui qu'il prétend être. Dans la logique, il est donc le plus intelligent et apte à s'en sortir. Mais bizarrement il reste à l'extérieur, "au cas où", et le perso principal est choisi.

    Ma supposition c'est qu'il est devenu paranoïaque et qu'il s'est peut-être perdu, ou tout simplement que Waltson ne voulait pas de lui (les deux persos sont montrés comme s'ils ne s'appréciaient pas du début à la fin).
    Je ne sais pas si le script était trop ambitieux et qu'il a été coupé, ou si tout ça c'est perdu à force de scénaristes, mais il y a effectivement des manques qui rendent la chose pas facilement compréhensible. Pour autant les éléments sont là et c'est assez facile de combler les trous... Pas mal de révélations sont justement fait dans la conclusion.

    Au final Waltson n'envoyait pas nécessairement le groupe à la mort puisqu'il avait besoin d'un successeur. Il tente d'aider la capitaine à surmonter sa peur mais échoue, il dénigre Englund parce qu'il ne veut pas qu'il permette aux groupes de partir avant la fin du jeu et dans la conclusion il transfert sa conscience / pouvoir / héritage vers un nouvel hôte qui pourra peut-être redéfinir l'univers (lequel est marqué par une guerre terrible, comme c'est expliqué auparavant).

    D'où l'idée que tout ça approche plus Star Trek que Alien. Il n'y a pas de monstre, tout est subliminal et faux, et il faut prendre en compte l'existence d'une guerre spatiale, du clans aux cristaux, de l'ancienne civilisation psychique etc. La Galaxie de la Terreur aurait un bon bouquin en fait. Mais avec Corman qui rogne sur tout, les conditions de tournage qui dépasse pas quelque jour et le monteur qui doit écourter les choses, tout l'univers défini saute au profit de "y a des gars qui se font attaquer par un truc dans l'espace".

  • #8

    Roggy (mercredi, 05 août 2015 17:18)

    Et bien franchement, chapeau Plume ! Je ne sais pas si j'ai bien tout compris des circonvolutions du scénario, mais expliquez comme ça, c'est plus clair effectivement. Comme tu le dis, le scénario était peut-être voulu en ce sens, mais les rigueurs budgétaires et les envies de Corman ne lui ont pas laissé cette chance.

  • #9

    gilles (mercredi, 05 août 2015 17:36)

    Un film que j avais vu ado et que j avais trouvé un peu bâclé. On sentait le manque de budget. J ai mis des mois à essayer de le retrouver pour finalement le regarder trente ans plus tard en lui pardonnant tous ses défauts.

  • #10

    Roggy (mercredi, 05 août 2015 19:20)

    Content que le film t'ait plu 30 ans plus tard et que tu lui ai laissé sa chance :)

  • #11

    princecranoir (samedi, 08 août 2015 07:54)

    J'avais déjà pu me laisser embobiner par les charmes de cette galaxie largement décrite dans la crypte de rigs mais alors là, je ne sais ce qui me retient de filer chez mon revendeur de galettes pour m'envoyer en l'air avec robert englund ! Corman avait déjà failli produire le scénario de dan O'Bannon avant d'être récupéré par les gars de brandywine, j'ai l'impression que ce film permet de donner une idée de ce qu'aurait pu être le résultat. Le forbidden world évoqué par plume n'a pas l'air mal non plus dans le genre. Et quel soustitre ! Et j'ai crié alien... j'aurais voulu le trouver celui-la !

  • #12

    Roggy (samedi, 08 août 2015 08:32)

    Merci Prince pour ton commentaire. Tu peux te laisser tenter sans peine par la bête car le film est particulièrement attachant, malgré un scénario qui a dû subir les affres de la maison Corman. Et, je ne suis pas toujours inspiré par les sous-titre mais là, j'en suis content aussi :)

  • #13

    oncle Jack (mardi, 11 août 2015 01:01)

    Excellente chronique de ce petit classique de la série B débilos dont son aura de film culte doit beaucoup à sa magnifique affiche. Ça fait une paie que je n'ai pas remater ce machin mais ton exposé fait sacrément envie d'y remédier. Un cran en dessous mais tout aussi rigolo, le père Corman avait produit à la même époque MUTANT et DEAD SPACE, deux autres sous-alien avec des gloumoutes bien fendardes et des stars du petit écran en perte de vitesse. Tout ça reste du cinema de bas étage mais demeure vachement plus fun que bon nombre de sous-produits actuels.

  • #14

    Roggy (mardi, 11 août 2015 14:33)

    Merci Oncle Jack pour ton commentaire. C'est vrai qu'il me reste encore r(ex)plorer toute une série de films dans la même veine comme "Mutant" ou "Dead space". Comme tu dis, ce sont des films imparfaits mais bien mieux que ce qu'on nous propose actuellement, à quelques exceptions près.