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DELUGE

 

GENRE :

REALISATEUR : Felix E. Feist

ANNEE : 1933

PAYS : USA

BUDGET :

ACTEURS PRINCIPAUX : Peggy Shannon, Sidney Blackmer, Lois Wilson...

 

Pitch : Alors qu’une série de catastrophes naturelles détruit la côte pacifique américaine et menace d'anéantir le reste de la planète, les survivants tentent de s’organiser au mieux.

 

Considéré comme le tout premier film catastrophe de l'histoire du cinéma, Déluge réapparaît grâce à la société Lobster qui en a retrouvé une copie, l'a restaurée et donné une deuxième vie (notamment les contributions du générique du début qui avaient disparu). Il faut dire que le film semblait perdu (une version traduite en italien a été exhumé) et était presque devenu une légende, puisqu’après son échec commercial (il sortit la même année que King Kong), Déluge fut racheté par la RKO et disparu des écrans radars.

Le film fut confié à Felix E. Feist qui sera l'auteur de quelques longs-métrages dont La vallée des géants en 1952 avec Kirk Douglas ou le film de SF Donovan's Brain en 1953 avec Nancy Davis, qui deviendra la Première dame des Etats-Unis en épousant Ronald (Pas le clown hein...) Reagan. D'une durée limitée à 70 minutes, le début de Déluge ne s’embarrasse pas de préliminaires et montre d'entrée des scientifiques découvrant que la planète est en train de subir des catastrophes naturelles en chaîne. Tremblements de terre et tsunamis se succèdent pour engloutir notamment les Etats-Unis comme annoncé dans la Bible et d'où le titre du film (A l'origine, il y avait un carton présentant un verset de la Genèse post générique).

Déluge vaut surtout pour les scènes de destruction massive, durant plusieurs minutes, montrant des gratte-ciel et des villes entières s'effondrer et se faire recouvrir par les eaux des océans et des mers. Tourné en 1933, les effets visuels sont limités mais néanmoins efficaces grâce à l'inventivité des techniciens de l'époque pour montrer des miniatures de ville, de maisons et de bateaux se faire balloter et anéantir par les éléments. Quelques année plus tard, on retrouvera les mêmes artifices pour les films de destruction japonais à l'instar de Godzilla.

Passé ces images de catastrophe, le film suit les quelques survivants disséminés sur des îlots et particulièrement une femme, Claire Arlington (Peggy Shannon) paraissant avoir nagé longtemps avant d'atterrir dans un cabane avec deux hommes. Au bout d'un moment, les deux loustics se battent pour la posséder qui s'échappe pour tomber sur Martin Webster (Sidney Blackmer), lui aussi seul après avoir perdu sa femme et ses deux enfants. C'est le début d'une romance perturbée par une bande de margoulins cherchant de la nourriture et surtout des femmes puisque ces dernières semblent être devenues des denrées rares après la catastrophe.

Déluge développe ainsi le thème de la survie au travers, du prisme des femmes qui sont recherchées pour s'accoupler aux hommes, comme un survival de série B horrifique. On voit même le cadavre d'une femme comme si les hommes s'en étaient débarrassées après leur affaire faite. Une vision de l'humanité très innovante et provocatrice en ce début des années 30 et à contre-courant des productions de l'époque, notamment sur le triangle amoureux qui se dessine sur la fin du métrage, quand nos héros vont intégrer une population de plusieurs dizaines d'individus s'étant organisée pour reprendre une vie presque normale dans les ruines d'une ville. Là encore, au cœur de cette communauté, l'objectif est, en autre, de se partager les femmes (et donc de les marier).

Si le film est intéressant pour ces thématiques et les effets visuels du début, force est de constater que le scénario et les dialogues sont assez pauvres, provoquant par instants quelques rires du fait de leur connotation dépassée ou de la présentation du seul noir du coin vu comme un demeuré. Sans réels enjeux ni rythme, cette seconde partie de Déluge déçoit et frôle les frontières du nanar sur certaines séquences, du fait de personnages caricaturaux et de situations mal exploitées. On est bien loin du chef-d’œuvre King King, mais Déluge est une très belle découverte pour ce film oublié, premier film de catastrophe du 7e art.

 

3,5/6

 

 

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