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LE CONGRES


GENRE : Hollow woman

REALISATEUR : Ari Folman

ANNEE : 2013

PAYS : USA/Israël/All/France/Lux/Pologne

BUDGET : 8 000 000 $

ACTEURS PRINCIPAUX : Robin Wright, Harvey Keitel, Danny Huston...


RESUME : Robin Wright se voit proposer par la Miramount d’être scannée. Son alias pourra ainsi être librement exploité dans tous les films que la major compagnie hollywoodienne décidera de tourner, même les plus commerciaux, ceux qu’elle avait jusque-là refusés. Pendant 20 ans, elle doit disparaître et reviendra comme invitée d’honneur du Congrès Miramount-Nagasaki dans un monde transformé et aux apparences fantastiques…


MON HUMBLE AVIS

Ari Folman, cinéaste et auteur israélien, s’était fait connaître en 2008 grâce à Valse avec Bachir, film documentaire d’animation relatant les événements du massacre de Sabra et Chatila à Beyrouth. Un film choc et politique finalement pas si éloigné de son nouvel opus, adapté d’un roman de Stanislas Lem, Le Congrès de futurologie, datant de 1971.

Il est rare pour les acteurs de jouer leur propre rôle sur la totalité d’un film. On se souvient de Dans la peau de John Malkovich ou du récent JCVD avec un Van Damme tout en retenu. Pourtant ici, Robin Wright n’hésite pas à jouer de son image en utilisant sa propre carrière pour développer le film autour d’elle. Divisé en deux parties, l’un en prise live et l’autre en animation, Le Congrès est à la fois une charge virulente contre le cinéma de divertissement hollywoodien et une réflexion sur le temps qui passe, et notamment la place des actrices plus âgées au sein de cette industrie.

Le 1erplan séquence ouvrant sur le visage de Robin Wright et la voix-off de son agent (Harvey Keitel) lui expliquant que sa carrière bat de l’aile, donne le ton de cette entame de métrage. L’atmosphère est froide, terne et clinique, à l’image d’une Robin Wright (Princess Bride), obligée de mettre sa vie cinématographique entre parenthèse pour élever son fils, et qui n’arrive plus à trouver de sujets de films intéressants. Du coup, la proposition de la scanner pour qu’elle puisse garder sa jeunesse éternelle est assortie d’une close l’empêchant d’apparaître physiquement au cinéma, hormis sous la férule des studios.

Et, le réalisateur ne se gêne pas pour dénoncer le diktat des studios hollywoodiens (la Miramount, tout est dit...) utilisant les acteurs comme bon leur semble pour les faire jouer dans de grosses productions sans intérêt, juste pour l’argent. Jeff (Danny Huston), cigare au bec, présenté comme un rapace, est le symbole de ces producteurs qui, de plus en plus, cherchent avant tout à rentabiliser leur investissement, sans forcément aspirer à une quelconque qualité. Des personnages stéréotypés, avides de pouvoir et prêts à tout pour arriver à créer de toutes pièces des films calibrés pour la jeunesse et pour les placements de produits. C’est aussi cette facilité-là qui impose les remakes et les franchises de blockbuster pullulant sur les écrans.

Une dénonciation d’un système qui va de pair avec le déclin des actrices ayant dépassé la quarantaine. Comme dans certaines entreprises, où la représentation féminine juvénile est mise en avant, le monde du cinéma est gangrené par ce besoin de figer les corps et les visages dans une beauté de façade toujours plus jeune (Bonjour Meg, Nicole et toutes les autres n’assumant pas leurs rides). Le Congrès est donc aussi une réflexion sur la peur de vieillir et l’hégémonie du paraître, seul ascenseur pour la gloire. Condamnés à être scannés, les acteurs ne seront plus sur les plateaux parce que leurs hologrammes de synthèse auront pris la place. Un scénario très plausible qui, avec l’évolution exponentielle des effets spéciaux, s’immisce de plus en plus au cinéma (Bonjour Jar Jar Binks et autres Avatar...). Sans parler des acteurs morts que bientôt, nous retrouverons à l’écran...

Comme pour aller à l’inverse de ces nouvelles technologies, le réalisateur choisit, dans sa seconde partie, de tourner le film dans une animation à l’ancienne. Encore un pied de nez aux dessins-animés confectionnés par ordinateur, plus laids les uns que les autres (Bonjour Shreck...). Une transposition à l’écran qui pourra dérouter par son dessin particulier et par quelques délires psychédéliques (à ce titre, on retrouve d’autres vieilles gloires ou acteurs comme ce bon vieux Tom Cruise à la dentition parfaite). Il faut dire que les humains, pour échapper à leur quotidien morne, prennent des pilules pour errer dans un monde idyllique cartoonesque où l’imagination a libre cours.

Au final, Le Congrès est une œuvre étrange, hybride qui retient l’attention grâce à la performance de son actrice principale. Totalement mise en abyme, on n’est pas loin de penser que le constat sur sa carrière n’est pas loin d’être vrai (depuis, elle a renoué avec le succès grâce à la série House of cards). Si le film est par instant parsemé de quelques scories dans sa 1ère partie et s’avère un peu redondant dans la dernière, il faut bien avouer qu’il reste attachant, réflexif et donne envie de rester vigilant quant à l’avenir de l’industrie cinématographique.


NOTE : 4 /6

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Commentaires : 8
  • #1

    Rigs Mordo (samedi, 07 février 2015 20:57)

    Voilà qui semble bien sympa et intéressant, le dessin semble plutôt cool également et le sujet doit bien s'y prêter. Dans un genre à peu près similaire, il y a le très bon Millenium Actress, là encore animé. Heureux de voir que je ne suis pas le seul à trouver Shreck immonde!

  • #2

    laseancearoggy (samedi, 07 février 2015 22:41)

    Je ne me souviens plus avoir vu "Millenium Actress", mais j'imagine bien que ce manga doit être sympathique. En revanche, je confirme pour Shreck :)

  • #3

    Princécranoir (dimanche, 08 février 2015 20:21)

    "Millenium actress" est un chef d'œuvre à voir et revoir sans délai, et le seul Schreck que je reconnais, c'est celui qui fait le Nosferatu de Murnau. Quant à ce "Congrès" qui me fait les yeux doux depuis sa sortie trop confidentielle, je n'ai pas encore eu le plaisir de m'y rendre, mais ton papier très détaillé s'ajoute à tout le bien que j'ai pu lire dessus. Les thèmes développés, les références, ne font qu'attiser mon envie de combler cette lacune !

  • #4

    laseancearoggy (lundi, 09 février 2015 14:05)

    J'espère que le film te plaira alors, notamment grâce à l'originalité des thèmes abordés et surtout le parti pris très risqué de le transformer, en plein milieu, en dessin-animé. Personnellement, "Le Congrès" m'a accroché et a retenu mon attention.

  • #5

    potzina (vendredi, 13 février 2015 17:52)

    Je l'ai vu en DVD il y a quelques mois et j'ai beaucoup aimé l'histoire et toutes ses implications dont tu parles avec beaucoup de justesse dans ton billet. Par contre j'ai trouvé certaines séquences un peu foutraques et anxiogènes. J'en suis ressortie assez mal à l'aise.

  • #6

    laseancearoggy (vendredi, 13 février 2015 18:28)

    Je comprends ton ressenti car le changement de ton et de média est assez troublant dans le film. En même temps, si tu en es ressortie troublée, c'est que le film a fonctionné !

  • #7

    catbichon@orange.fr (mardi, 17 février 2015 11:29)

    J'ai eu du mal à adhérer. Mais c'est une véritable curiosité !

  • #8

    laseancearoggy (mardi, 17 février 2015 13:30)

    Bien d'accord avec toi ! Au moins, le film est original et apporte le débat.