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LA BELLE ET LA BETE

 

GENRE : La femme et le truand

REALISATEUR : Christophe Gans

ANNEE : 2013

PAYS : France

BUDGET : 65 000 000 €

ACTEURS PRINCIPAUX : Léa Seydoux, Vincent Cassel, André Dussolier...

 

RESUME : 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.

 

MON HUMBLE AVIS

Christophe Gans qui a travaillé à la revue Starfix est un cinéphile (on le croise dans les soirées bis à la cinémathèque) au parcours de réalisateur assez chaotique mais toujours sincère dans sa démarche. Si Crying Freeman, Le Pacte des Loups et Silent Hill étaient imparfaits, ils transpiraient néanmoins de la passion de son auteur pour le cinéma. Malheureusement, La belle et la bête est certainement son œuvre la plus faible.

Dès le départ, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans le film, car Christophe Gans ne parvient pas à faire cohabiter le conte et la fable fantastique. L’hybridation de plusieurs genres ne prend pas (il faut arrêter de surfer sur la vague de l’heroïc-fantasy comme si elle était la panacée), peut-être parce que l’univers ne s’y prête pas ou que le choix artistique du tout numérique déshumanise complètement l’histoire. Le problème général du film est qu’il manque cruellement de souffle et d’épopée. Finalement, on retrouve ces mêmes scories dans le Alice au Pays des merveilles de Tim Burton et dans Le monde fantastique d’Oz de Sam Raimi (même si ce dernier est malgré tout plus réussi).

La 3D, le déluge d’effets spéciaux et l’abus de couleurs criardes donnent une patine artificielle à l’ensemble, à tel point qu’on se sent exclu en tant que spectateur, tout comme les acteurs qui ne transmettent aucune émotion (97 % des plans sont truqués). Comme à son habitude, le réalisateur cherche à intégrer à son film le plus d’éléments possibles, quitte à saturer l’image et son scénario d’éléments inutiles (comme ces simili-chiens en CGI). Par voie de conséquences, on s’ennuie ferme tout au long du métrage. Même les acteurs paraissent fades (c’est vrai, certains jouent mal) et incapables de sublimer une histoire d’amour à laquelle on ne croit. Léa Seydoux et Vincent Cassel ne semblent pas en symbiose.

Autre faiblesse à mon sens, la qualité des effets spéciaux. D’une part, ils sont très laids (limite on dirait des cinématiques de console de jeux vidéo) mais surtout, ils ne s’intègrent pas du tout à l’action (le masque tout numérique de la bête est un désastre) et décrédibilisent toute tentative de dramaturgie. Certes, les décors et certains maint-painting sont assez beaux, mais surtout ils copient tout ce que l’on a pu voir ces derniers mois. Du coup, on se retrouve avec les mêmes fonds et images au ton bleuté (on se croirait dans la Comté du Seigneur des Anneaux). Même les mouvements de caméra pour donner de l’ampleur aux paysages n’y changent rien.

La fin du film est un peu plus intéressante, même si elle ressemble au récent Jack, le tueur de géants de Bryan Singer, avec l’émergence de ces créatures de pierre immenses qui s’abattent sur la troupe de voleurs. Dommage que là aussi, les effets spéciaux ne suivent pas, car c’est certainement la plus belle scène du film.

Au final, La belle et la bête est un film décevant et très ennuyeux qui ne remplace pas dans les cœurs la version de Jean Cocteau en 1946. Je suis peut-être un peu trop nostalgique des masques en latex ou des animatroniques des artisans du genre, mais le côté organique et palpable me manquent considérablement...

 

NOTE : 3-/ 6

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Commentaires : 12
  • #1

    Rigs Mordo (mercredi, 06 août 2014 13:47)

    J'aime bien Gans pour son parcours, après tout il est comme nous, et j'ai bien aimé ses films précédents. Mais celui-ci, ça ne m'a jamais attiré... Je pense que c'est trop sucré pour moi, je ne suis pas attiré un seul instant.

    PS: Ta pin-up du mois, je suis déjà amoureux...

  • #2

    laseancearoggy (mercredi, 06 août 2014 18:58)

    C'est bien le mot, "trop sucré" et ça fait mal au foie et aux yeux par cette surenchère d'effets visuels qui ne sont pas aboutis à mon sens.

  • #3

    alice in oliver (jeudi, 07 août 2014 08:20)

    Toujours pas vu mais je m'abstiendrai, ne serait ce que par respect pour le chef d'oeuvre de Cocteau

  • #4

    laseancearoggy (jeudi, 07 août 2014 13:25)

    Je peux te comprendre au vu du résultat...

  • #5

    Mr Vladdy (vendredi, 08 août 2014 00:19)

    Malgré la pornographie visuelle, j'ai eu du mal à être captivé par cette histoire qui m'ait apparu plus superficiel qu'autre chose. C'est bien filmé, plutôt bien joué mais ça manqué d'âme. Du coup, même si il est plus soporifique, je préfère la version de Cocteau qui possède plus de poésie. Le must restant la version Disney :P

  • #6

    laseancearoggy (vendredi, 08 août 2014 18:59)

    Il ne faut pas exagérer non plus, je n'ai vu l'ombre d'un sein ou alors j'ai dormi :) . En tout cas, la version de Cocteau est forcément plus poétique.

  • #7

    Princécranoir (dimanche, 10 août 2014 10:03)

    J'aime beaucoup Christophe Gans quand il parle de ses films (et des films des autres encore plus), mais beaucoup moins quand je vois ce qu'il a fait en réalité. Cette nouvelle adaptation de "la Belle et la Bête" est, comme tu le soulignes, une terrible déception tant du point de vue visuel que narratif, au point qu'il risque de se retrouver épinglé au tableau de déshonneur de cette année.

  • #8

    Avel (dimanche, 10 août 2014 10:29)

    Il me tente mais j'ai peur de m'ennuyer :/
    Sinon ,je suis assez d'accord avec toi concernant le côté organique et palpable des films plus anciens, cela me manque aussi, actuellement dans les productions les créatures font trop artificielles-numériques-ajoutées. :(

  • #9

    laseancearoggy (dimanche, 10 août 2014 14:45)

    A Princrécranoir,
    J'ai les mêmes sentiments que toi à son égard (je le croise d'ailleurs très simplement à la cinémathèque) mais je crains que ses échecs répétés ne lui ouvrent plus les portes des gros budgets, et qu'il faudra un moment avant de le revoir (un peu comme Pitof), à moins qu'il concrétise enfin son Némo.

  • #10

    laseancearoggy (dimanche, 10 août 2014 15:01)

    A Avel,
    Je pense aussi qu'on est devenu blasés de toutes ces productions uniformes alors que l'univers proposé visuellement est foisonnant. Du coup, on s'ennuie et c'est quand même bien frustrant...

  • #11

    ChonchonAelezig (mercredi, 13 août 2014 11:10)

    Toujours pas vu. J'ai pourtant hâte de le découvrir, ce conte a bercé toute mon enfance.

  • #12

    laseancearoggy (mercredi, 13 août 2014 19:03)

    Tu risques d'être déçu si tu compares avec les souvenirs du conte de ton enfance :)